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ARGIOLAS Pascaline, épouse BARSOTTI, puis épouse CARBONNEL

  • Renaud Poulain-Argiolas
  • 28 nov. 2023
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 6 jours

Née le 29 octobre 1926 à Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône), morte le 13 mai 2008 à Saint-Martin-de-Crau (Bouches-du-Rhône) ; employée de mairie ; responsable d’un cercle de l'Union des Jeunes filles de France (UJFF) de Port-de-Bouc après la guerre ; militante communiste.

Pascaline Argiolas en 1945
Pascaline Argiolas en 1945

Pascaline Argiolas était issue d’une famille d'immigrés sardes. Son père, Angelo Argiolas, originaire d'Oniferi, fut docker et manœuvre. Sa mère, Baptistine Cesaraccio, née à Busachi, fut cantinière et femme de ménage. Elle était la troisième d’une fratrie de quatre enfants, qui furent tous, comme leurs parents, liés au Parti communiste : Paul Argiolas, docker et journaliste, Jean-Marie Argiolas, cheminot, et Élisabeth Argiolas, qui fut un temps employée des PTT. Après s’être formé à L’Estaque (Marseille), le foyer familial se déplaça dans le Doubs, où s’était installée la majorité des Cesaraccio. Les Argiolas se fixèrent définitivement à Port-de-Bouc en mars 1926. Ils emménagèrent dans le quartier dans le quartier de la Tranchée, puis aux Comtes après la venue de leur dernier enfant, Élisabeth, en 1930.


La famille Argiolas aux Comtes en 1940. Pascaline Argiolas tient le mouton dans ses bras.
La famille Argiolas aux Comtes en 1940. Pascaline Argiolas tient le mouton dans ses bras.

Le 8 mars 1937, Pascaline Argiolas devint française, comme le reste de sa fratrie, par déclaration devant le juge de paix. En 1940, leur domicile était perquisitionné, vraisemblablement en lien avec les activités du frère aîné, Paul, qui avait rejoint la CGT avant la guerre. En 1943, les deux frères de Pascaline s’engagèrent dans les Francs-Tireurs et Partisans français, Paul ayant bientôt pour consigne de tirer le matériel de propagande à leur domicile. Elle grandit donc dans un environnement fortement politisé, dans lequel l’entraide et la lutte contre les injustices sociales allaient de soi.

Le résistant Manuel Mateu rapporta qu’à la Libération de Port-de-Bouc les membres de son groupe trouvèrent devant la mairie un attroupement de jeunes qu’ils ne connaissaient pas, probables « résistants de la dernière heure », portant des brassards FFI flambants neufs. Eux-mêmes n’ayant pas de brassards, Pascaline Argiolas entreprit au pied levé avec d’autres femmes de leur confectionner des brassards tricolores avec du tissu recyclé sur leurs machines à coudre.


Dans l’après-guerre elle était responsable d’un cercle de l'Union des Jeunes Filles de France de Port-de-Bouc (UJFF). Le mouvement, intégré à l’Union de la Jeunesse républicaine de France (UJRF) prolongeait l’action de l’UJFF de 1936, créé pour contribuer à la prise de responsabilités politiques des filles, en faisant la promotion de l’égalité entre les sexes dans le travail, l’instruction, les loisirs, le sport et les vacances. A partir de 1946, c’est Madeleine Vincent qui dirigea le mouvement sur le plan national, Pascaline Argiolas y fréquenta Paulette Tassy, qui allait épouser son frère Jean-Marie, et Odette Zadro.


Vente de masse de Filles de France par l’UJFF, Port-de-Bouc, 1947. Pascaline Argiolas est à gauche au 1er rang.
Vente de masse de Filles de France par l’UJFF, Port-de-Bouc, 1947. Pascaline Argiolas est à gauche au 1er rang.

En juillet 1947, elle épousa le résistant communiste Louis Barsotti, avec qui elle eut une fille, Giselle, l'année suivante. Elle fut employée de mairie dans la municipalité dirigée par René Rieubon, d'abord au secrétariat des élus, puis à l'état civil. Pendant son temps libre, elle venait en aide bénévolement à de nombreux habitants de la commune.


Femmes de Port-de-Bouc devant l'Union départementale CGT à Marseille pendant le lock-out de 1949. Pascaline Argiolas se tient au milieu, de profil, face à Paulette Tassy, de profil elle aussi.
Femmes de Port-de-Bouc devant l'Union départementale CGT à Marseille pendant le lock-out de 1949. Pascaline Argiolas se tient au milieu, de profil, face à Paulette Tassy, de profil elle aussi.

En 1949, lors du lock-out des Chantiers et Ateliers de Provence, elle participa aux actions de soutien aux travailleurs de la construction navale durant les quatre mois de lutte qui les opposèrent à leur direction. Cette dernière, désireuse de revenir aux conditions de travail d'avant-guerre, voulait supprimer une prime au lancement des bateaux, vitale pour les ouvriers, et détruire l'influence du syndicat CGT. L’entreprise était le premier employeur local depuis un demi-siècle. Pascaline Barsotti la connaissait d’autant mieux que son frère Paul Argiolas y avait des responsabilités syndicales et que son mari en avait été licencié pour son engagement avant la guerre. Pour donner au mouvement plus de visibilité, elle se rendit à Marseille avec de nombreuses femmes de Port-de-Bouc.


Le militant communiste Jean Scarulli mentionne dans son autobiographie le nom de Pascaline Argiolas parmi les membres du comité de section du PCF de Port-de-Bouc – sans plus de précisions – dans la période comprise entre 1950 et 1969. Les témoignages convergent pour la décrire comme une militante de terrain, allant volontiers au contact avec la population, que ce soit sur les marchés ou au porte-à-porte. Très attachée à son parti, elle était intransigeante et dotée d’un caractère bien trempé.


Décembre 1985, quartier des Amarantes en vue des élections de mars 1986. À gauche : Pascaline Carbonnel, à droite : René Giorgetti.
Décembre 1985, quartier des Amarantes en vue des élections de mars 1986. À gauche : Pascaline Carbonnel, à droite : René Giorgetti.

Elle divorça en juin 1968 et se remaria à Port-de-Bouc, le 20 octobre 1971, avec le militant Alexandre Carbonnel.


La fille aînée du résistant Lionel Giovannini rapporta qu’en 1979, le jour de l’enterrement de son père, Pascaline Carbonnel protesta contre l’absence du drapeau de la section communiste dans le cortège funèbre, demandant avec succès qu’on allât le chercher.


Avant son décès, elle fit connaître par écrit à sa fille et à son beau-fils ses dernières volontés pour son enterrement : « pas de curé bien entendu ni toutes ces hypocrisies », son drapeau rouge et la faucille et le marteau sur son cercueil, comme ses parents et son mari Alexandre l’auraient fait avant elle. Elle fut inhumée au cimetière communal.


Le 31 août 2024, le maire de Port-de-Bouc Laurent Belsola baptisa, au nom de la municipalité, un rond-point en hommage à Pascaline Carbonnel-Argiolas, en présence de nombreux élus et de membres de sa famille.


Sources : Archives Argiolas. — Certificat de nationalité n°303 du Registre d’Ordre daté du 25 juillet 1963. — Jean Scarulli, Une vie bien remplie : Je suis un émigré, auto-édition, 2010. — Témoignages de Giselle Leyrolles (sa fille) et de Paulette Argiolas. — Discours de Laurent Belsola, 31 août 2024. — Propos recueillis auprès de Raymond Mateu (juillet 2021), Magali Giorgetti (octobre 2022) et Fernande Ruiz (décembre 2023). — Site Match ID, Acte n°27 N, Source INSEE : fichier 2008, ligne n°238897.


1ere version pour Le Maitron : 26 octobre 2021.

2e version : 2 février 2024.

3e version : 28 février 2025.

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Passionné d'histoire, j'ai collaboré pendant plusieurs années au Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - mouvement social.

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