PÉRAUDEAU Edmond, Pierre, Léon
- Renaud Poulain-Argiolas
- 12 déc. 2023
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 13 mars
Né le 28 mars 1915 à Rochefort (Charente-Maritime), mort le 16 décembre 1990 à Martigues (Bouches-du-Rhône) ; ajusteur, aide distillateur et ouvrier de raffinerie ; militant des Jeunesses communistes de Bordeaux-Bastide (Gironde) dans les années 1930 ; militant communiste de Martigues à partir des années 1960 ; syndicaliste CGT ; membre de la Confédération Nationale du Logement (CNL).
![Edmond Péraudeau [Archives familiales]](https://static.wixstatic.com/media/080998_c0bd702b954847c1870a553e0df8ed62~mv2.jpg/v1/fill/w_550,h_378,al_c,q_80,enc_avif,quality_auto/080998_c0bd702b954847c1870a553e0df8ed62~mv2.jpg)
Les parents d’Edmond Péraudeau étaient Edmond Pierre Péraudeau, qui fut successivement marin de commerce et artificier, et Léontine Courty, lingère. Tous les deux étaient natifs de Rochefort. Mobilisé dans la campagne contre l’Allemagne, Edmond Péraudeau père arriva le 3 août 1914 au 4e dépôt des équipages de la flotte avant de passer le 17 août au 1er régiment de fusiliers marins. Il fut tué au combat à Steentraate Zuidschote (Belgique) le 17 décembre 1914 et reçut la mention "Mort pour la France". Il avait trente ans.
Edmond Péraudeau fils ne connut donc pas son père. Il vit le jour au domicile de sa mère, au 42 rue Pasteur, à Rochefort et fut adopté par la Nation le 13 août 1918 par un jugement du Tribunal civil de Bordeaux. En 1921, il vivait avec ses grands-parents, Victor et Pélagie Courty, ainsi que sa tante Marie-Louise Courty, couturière, à Landes (Charente-Maritime) dans le hameau de La Fougère. Son grand-père était garde-champêtre.
Le 11 mai 1936 [au moment où débutait à peine le mouvement d'occupation des usines qui allait prendre tout le pays], le commissariat spécial de Bordeaux réalisait une notice individuelle sur Edmond Péraudeau. On le disait adhérent à la "XIXe Entente des Jeunesses communistes" et membre de la cellule des Jeunesses communistes (JC) du quartier bordelais de La Bastide. On le qualifiait de "militant actif". Il avait un degré d’instruction primaire, était célibataire, domicilié au n°27 rue de Cénac à La Bastide et vivait de son travail d’ajusteur.
Le 5 mars 1938, il se mariait avec Louise Perrier à Bordeaux. En septembre-octobre de la même année, il fit l’objet d’une surveillance attentive de la part des plus hautes autorités de l’État. On apprend du commissaire divisionnaire de Police spéciale de Bordeaux qu'il vivait chez sa mère au 25 rue de Cénac, que son épouse était manucure au 2 rue du Capitaine Ruffin et lui aide distillateur à la raffinerie de pétrole Texaco au Bec d’Ambès. Il faisait son service militaire comme auxiliaire du 18e régiment d’infanterie à Bayonne. Le 3 septembre, le ministre de la Défense envoya un courrier assorti du tampon « secret » au ministre de l’Intérieur. Il annonçait que Péraudeau allait passer douze jours de permission chez sa mère et qu’il convenait de surveiller ses faits et gestes. Le 17 septembre, le ministre de l’Intérieur demandait au préfet de la Gironde de faire un compte-rendu du comportement du jeune conscrit pendant sa permission. Le 20, le commissaire divisionnaire de la police spéciale bordelaise adressait un rapport au préfet. Les notices individuelles de deux autres membres des JC figuraient dans le dossier de Péraudeau dans les archives de la Sûreté : celles de Marc Michel et de Roland Fonton, probablement pour chercher un lien entre eux. On peut imaginer qu’ils avaient pu travailler ensemble aux Chantiers de Gironde en 1936. Michel et Fonton y étaient explicitement employés, alors que pour Péraudeau la police n'avait noté qu’"ajusteur" sans préciser son lieu de travail. L’intéressé avait été finalement rappelé par son corps d’armée avant la fin de son congé et n’avait rien fait de répréhensible durant la période en question. Le 22 septembre 1938, le préfet faisait suivre le rapport de police au ministre de l’Intérieur. Le 4 octobre, ce dernier en informait le ministre de la Défense pour clore l'affaire.
Il y a une ellipse d’une vingtaine d’années dans le parcours d’Edmond Péraudeau. Elle s’achève par son divorce à Bordeaux en novembre 1960. La seconde partie de sa vie se poursuit dans les Bouches-du-Rhône. Dans la décennie qui suit, il était ouvrier à la "CFR" (Compagnie Française de Raffinage) de La Mède (Châteauneuf-les-Martigues), que les locaux continuèrent à appeler ainsi après que l’usine devint « Total ». Il travaillait en 3/8, un rythme qu’il trouvait assez épuisant. Il était vraisemblablement agent de maîtrise. Syndicaliste, il eut des responsabilités à la CGT et militait au Parti communiste.
Il se remaria à Martigues le 25 mai 1963 avec Marie-Louise Moulin née Buil. Très active à l’Union des femmes françaises, celle-ci avait été une des premières femmes communistes élues au conseil municipal en 1945. Le couple vécut dans le quartier des Capucins. Dans le bâtiment A6 se réunissait la cellule Maurice Thorez du PCF. Les Péraudeau s'y investirent, comme dans l’Amicale des Locataires CNL dont il semble qu'Edmond fut un pilier jusqu'à la fin de sa vie. Ils y retrouvaient notamment la fille de Marie-Louise, Mado (voir Mado Luard), et son mari Claude Luard.
Sources : Arch. Dép. Charente-Maritime, État civil de Rochefort, Mariages 1911, Acte n°9 (Edmond Pierre Péraudeau et Léontine Marguerite Courty), 2 E 311/495 ; Naissances 1915, Acte n°145, 2 E 311/506 ; Fiche matricule d’Edmond Péraudeau père, Classe 1904, Matricule 687, 1 R 296 ; Recensement de la population de Rochefort, 1911, 8 M 2/148 ; Recensement de la population de Landes, 1921, 8 M 2/174. — Arch. Nat., 19940469/152 (fichier central de la Sûreté nationale, 1936-1938). — Mémoire des Hommes — Propos recueillis auprès de sa belle-fille Mado Luard. — Site Match ID, Acte n°582, Source INSEE : fichier 1991, ligne n°75633.
Iconographie : Archives familiales.
1ere version pour le Maitron : 20 mars 2021.
2e version : 1er mai 2024.
3e version : 13 mars 2026.

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