BONASSI Louis
- Renaud Poulain-Argiolas
- il y a 1 jour
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Dernière mise à jour : il y a 13 heures
Né le 29 novembre 1951 à Gaillac (Tarn), mort le 21 janvier 2024 à Istres (Bouches-du-Rhône) ; technicien industriel ; syndicaliste CGT ; militant communiste d’Istres, membre du comité fédéral des Bouches-du-Rhône (1979-1984) ; président de la Ligue des droits de l’Homme d’Istres.

Technicien industriel, Louis Bonassi était syndicaliste à la CGT. Il épousa Colette Bouyssounouse (voir Colette Bonassi), native comme lui du Tarn, qui fut secrétaire de la section communiste d’Istres, conseillère municipale et responsable fédérale du PCF des Bouches-du-Rhône. Ils eurent plusieurs filles. Tous les deux furent actifs au sein de la section istréenne de la Ligue des droits de l’Homme.
En 1977, Louis Bonassi siégeait au comité fédéral du PCF des Bouches-du-Rhône. Toujours présent en 1979 et 1982, son nom n’apparaît plus parmi les membres des instances départementales en 1984.
En 2005 et 2006, le couple Bonassi fut au centre d’une affaire de violence policière. Dans la soirée du 19 janvier 2005, alors qu’ils étaient dans leur logement à Istres, ils entendirent appeler à l’aide dans le hall de leur immeuble. Un jeune homme était brutalement pris à partie par un homme d’une corpulence imposante. Louis Bonassi s’interposa en pensant être devant une simple bagarre. Il s’agissait en fait d’une interpellation réalisée par un policier de la BAC (Brigade anti-criminalité) en civil. Deux autres policiers arrivèrent pendant l’altercation qui s’ensuivit. Bonassi et le jeune homme, un jeune Péruvien nommé Renny M. furent mis en garde-à-vue durant 24 heures. Ironie de l’histoire : en voyant la violence devant sa porte, Colette Bonassi, convaincue d’assister à une agression, avait contacté la police, ne sachant pas qu’il s’agissait d’un contrôle policier. Elle rapporta au commissariat le poste de radio que les agents avaient oublié après le « contrôle d’identité ». On la plaça immédiatement en garde à vue pour 24 heures.
Les Bonassi et Renny M. firent l’objet d’une plainte pour violences volontaire et rébellion. De son côté, le couple porta plainte pour violences volontaires et atteinte arbitraire à la liberté individuelle. Une pétition de soutien fut lancée par la Ligue des droits de l’homme, le MRAP, la liste des Élus majoritaires d’Istres, les sections du PS et du PCF d’Istres et de Fos-sur-Mer, la Gauche Alternative de Fos, la CGT, la CFDT, la FSU, le CRI, Ensemble Citoyen et le Conseil Syndical des copropriétaires "Fougères" les Baume. L’Observatoire départemental des violences policières illégitimes (OVPI) suivi l’affaire, constitué de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), du MRAP, de la CIMADE, de SOS Racisme et soutenu par le Syndicat des Avocats de France et le Syndicat de la Magistrature. Le 21 juin 2005, les trois accusés étaient jugés par le tribunal de grande instance d’Aix-en-Provence, présidé par Pierre Lajoix. Louis Bonassi écopait de six mois de prison avec sursis pour violences volontaires contre des agents dépositaires de l’autorité publique et trois fois 1000 euros de dommages et intérêts à verser aux policiers ; Colette Bonassi de trois mois avec sursis et 1000 euros de dommages et intérêts ; Renny M. de huit mois avec sursis dont un mois ferme. Les représentants des forces de l’ordre étaient en revanche relaxés.
D’après Évelyne Sire-Marin, membre du comité central de la Ligue des droits de l’Homme, la procédure releva que le jeune Renny M. n’était « aucunement en infraction aux règles sur le séjour des étrangers, et n’avait commis aucun délit avant son interpellation », que Louis Bonassi n’avait pas de casier judiciaire et que Colette Bonassi, alors adjointe au maire d’Istres chargée de la Petite enfance, se vit accuser « d’avoir même porté deux coups de poing au visage d’un policier. » Les Unions départementales CGT et CFDT publièrent des communiqués en solidarité avec les militants. Le 18 septembre 2006, l’affaire passait devant la cour d’Appel d’Aix-en-Provence. La LDH et le Comité de vigilance contre les violences policières d’Istres avaient appelé à une manifestation devant la 13e chambre correctionnelle pour soutenir les militants. Le tribunal confirma globalement le jugement rendu en première instance : six mois avec sursis pour Louis Bonassi, trois mois avec sursis pour Colette Bonassi, six mois avec sursis pour Renny M. Les dommages et intérêts prévus pour les policiers passaient de 4000 euros à 2500 euros et le mois de prison ferme pour le jeune Péruvien était supprimé.
Évelyne Sire-Marin rappela que le Comité Européen de prévention contre la torture, dépendant de l’ONU, « fustige annuellement la France pour le comportement de sa police et pour l’absence de contrôle réel des magistrats sur l’activité policière ». Elle informait que la LDH avait publié « un guide à l’usage de ses militants, afin d’utiliser les armes du droit pour défendre ceux qui s’estiment victimes d’abus ou de violences policières. » Peu de temps avant l’affaire Bonassi, le rapport annuel d’Amnesty International dénonçait « la tendance des tribunaux français à assurer une quasi impunité à des policiers coupables de violences. »
Louis Bonassi était un passionné de cyclisme. Il présida l’association Istres Sport Cyclisme pendant une vingtaine d’années. En 2010, il était également président de la Ligue des droits de l’Homme d’Istres. Sept classes d’Istréens furent initiés aux droits humains cette année-là dans le cadre d’une campagne intitulée « Faisons tomber les murs ». La même année, le nom de Louis Bonassi apparaît dans une campagne de pétition menée par la Fondation Copernic, "Travailler tue en toute impunité : pour combien de temps encore ?"
Dans la perspective des élections présidentielles de 2012, Bonassi signa l’Appel du front de lutte des retraités des Bouches-du-Rhône, qui avec le Front de gauche soutenait la candidature de Jean-Luc Mélenchon. La même année il appuya plusieurs pétitions diffusées par l’Humanité : pour exiger un référendum sur le nouveau traité européen et pour soutenir le peuple grec en lutte contre un 8e plan d’austérité imposé par l’Union européenne (environ 12 000 signataires). Il répondit aux différents appels lancés par La Marseillaise pour assurer sa pérennité – comme celui du Comité de soutien « Pour que vive La Marseillaise » en 2014 et l’« appel du 18 décembre » (2017). Pour les élections présidentielles de 2022, il participa à un appel d’anciens élus et dirigeants communistes des Bouches-du-Rhône à soutenir l’Avenir en commun, programme de l’Union populaire menée par Mélenchon.
Décédé six ans après sa femme, Louis Bonassi repose à ses côtés au cimetière des Maurettes à Istres. Le maire François Bernardini lui rendit hommage en mars 2024 en séance du conseil municipal. Une course de vélo, organisée par Istres Sport Cyclisme, fut créée pour rendre hommage à son président : le Souvenir Louis Bonassi. La première édition se déroula le 21 avril 2024, le départ et l’arrivée ayant lieu au niveau de l’ancienne usine de Rassuen sur la route de Fos. L’événement existait encore en 2026.
Sources : Collectif, Communistes dans les Bouches-du-Rhône : 1920-2020, Un siècle au service des luttes et du bien commun, Fédération PCF des Bouches-du-Rhône / Association Former Transformer Partager, 2020. — Site de Mille bâbords : « Pétition de soutien à Louis et Colette Bonassi et à toutes les victimes de violences policières », 7 mars 2005 ; « Affaire Bonassi : Les communiqués de presse », 28 juin 2005 ; « Colette et Louis Bonassi, des citoyens ordinaires » par Évelyne Sire-Marin, 15 septembre 2006 ; « Cour d’Appel d’Aix sur l’affaire Bonassi : Une fois de plus des violences policières impunies », 14 novembre 2006. — Pétition de la Fondation Copernic, 2010 (en ligne). — « Des enfants font tomber les murs par leur imagination » par Nicolas Bernard, La Provence, 30 juin 2010 (en ligne). — L’Humanité (en ligne) : « Solidarité avec la résistance grecque près de 12000 personnes ont signé la pétition », 15 février 2012 ; « Liste des signataires de la pétition pour un référendum sur le nouveau traité européen », 27 juillet 2012. — Blog du comité de soutien « Pour que vive La Marseillaise », liste des signataires mise à jour, 23 janvier 2015. — Appel du front de lutte des retraités des Bouches-du-Rhône, 2012 (internet). — « #MaMarseillaiseVivra : La liste des signataires de l'appel du 18 décembre », La Marseillaise, 30 janvier 2018 (en ligne). — Site Match ID, Acte n°27, Source INSEE : fichier 2024, ligne n°5750. — Site de la ville d’Istres, séance du conseil municipal du 20 mars 2024. — Site Généanet, cimetière Istres.
Version au 11 avril 2026.
![BONASSI Colette [née BOUYSSOUNOUSE Colette, Marie, Élise]](https://static.wixstatic.com/media/080998_4d60bf105e394994bf76d19156bd8a88~mv2.jpg/v1/fill/w_980,h_798,al_c,q_85,usm_0.66_1.00_0.01,enc_avif,quality_auto/080998_4d60bf105e394994bf76d19156bd8a88~mv2.jpg)

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