FOSSAT
- Renaud Poulain-Argiolas
- il y a 8 heures
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Militant communiste du Gard ; secrétaire de la 21e entente des Jeunesses communistes de La Grand’Combe en 1926.

Le 30 mai 1926, la section SFIO de La Grand’Combe fêtait ses 100 adhérents en donnant un meeting dans le centre prolétarien de la commune, en présence d’éléments des Jeunesses socialistes (JS) et d’environ un millier de personnes. La Provence ouvrière et paysanne, publication communiste, critiqua vivement le 6 juin le compte rendu qu’en avait fait dans ses colonnes Le Provençal, journal socialiste, le 1er juin. Fossat, secrétaire de la 21e entente des Jeunesses communistes (JC) de La Grand’Combe apporta la contradiction aux socialistes lors de l’événement.
Selon le déroulé fait par le journal communiste, Germain Soustelle, maire socialiste de la commune, proposa un bureau socialiste, mais une partie du public appelait le communiste Bonijol. Les socialistes Bruguier et Rouger essayèrent de faire le calme, mais ne firent qu’augmenter le vacarme. C’est alors que Frossat demanda le silence au nom du Parti communiste. L’avocat Tailhades (il pourrait s’agir d’Edgar Tailhades), membre des JS, récita un pamphlet littéraire, qui aurait laissé l’auditoire indifférent. Blavet (probablement Blavet), autre jeune orateur, voulant donner des leçons aux ouvriers, se fit chahuter par eux. Fossat aurait pris la parole, affirmant que les précédents avaient un bel avenir (mots restitués par le journal) : « Ils sont avocats, ils peuvent être juge d’instruction ! Et faire condamner les communistes qui embêtent si fort la société capitaliste. Tandis que notre avenir à nous, c’est la prison et c’est notre honneur. »
Le secrétaire de la 21e entente demanda ensuite aux membres des Jeunesses socialistes combien ils avaient de camarades emprisonnés pour leur action contre les guerres impérialistes. Les avocats auraient alors baissé la tête honteusement. Le journal commentait : « Fossat parle de l’action menée par les JC aux champs, à l’atelier, dans les mines, pour arracher au patronat les revendications qui peuvent tant soit peu améliorer les conditions de travail de la classe ouvrière. Il indique [que] le but final des JC, c’est l’émancipation totale des travailleurs par la révolution. Le passé de notre organisation, dit-il, est garant de son avenir et c’est vers elle que les jeunes exploités doivent aller. » Fossat aurait été largementa applaudi.
Rouger prit la parole pour faire l’apologie du Cartel des gauches grâce auquel il avait été élu à l’Assemblée Il se vit rudement objecter que « le tabac est à 50 sous, le pain à 2 Fr 15, le chiffre d’affaires doublé, la taxe civique, etc. » Le communiste Vital vilipenda la politique du Cartel des gauches que les socialistes avaient soutenu, les contradictions de ces derniers, le « confusionnisme de la résolution du Congrès de Clermont-Ferrand ». Il en appelait aux travailleurs pour constituer un front uni de classe : « nous le feront avec vos chefs, s’ils le désirent, et contre eux s’ils le combattent. » Il reçut de nouvelles acclamations enthousiastes.
Bruguier reprit la parole, fit des jeux de mots que l’assistance n’aurait pas compris. Fossat remonta à la tribune pour répondre point par point au discours de Rouger. Il ajouta que « Les scissionnistes (…) sont ceux qui, minorité au Congrès de Tours, quittèrent le Parti. » Il développa les thèmes de l’unité politique et syndicale du prolétariat, du congrès commun des deux CGT, de la critique de la Société des nations due à la Première guerre mondiale et de l’expérience du Cartel des gauches, de l’exemple inspirant de la Révolution russe. Après cela, le président annonça la fin de la séance.
La Provence ouvrière et paysanne concluait : « Cette réunion aura permis de faire connaître notre Parti et notre Jeunesse Communiste, et aussi le vide des discours grandiloquents des chefs de la Jeunesse socialiste et du Parti SFIO ».
Le 15 avril 1937, tandis que les organisations de gauche et antifascistes se réunissaient à la mairie de La Grand’Combe, un Fossat était présent parmi les nombreux délégués qui remplissaient la salle du conseil municipal pour former un comité de Front populaire et organiser la solidarité avec le peuple espagnol. On décida d’une collecte pour le 24 avril et d’une réunion pour organiser le 1er mai. Le comité forma son bureau : Germain Soustelle en était président, Mazaudier (maire des Salles-sur-Gardon) vice-président, Firmin secrétaire, Souchon trésorier. D’autres encore en étaient membres : Vital, Poudevigne, Girard, Bonijol, Arnaud, Rouvierre (probablement Roger Rouvière), Isidore, Couderc, Juste, Vicenty, Lucchesi, Layre, Cardonne et Fossat.
S’agirait-il de Félix Fossat ?
Sources : « Les SFIO à La Grand’Combe », La Provence ouvrière et paysanne, 6 juin 1926. — « La Grand’Combe : communiqué du comité du Front populaire », Le Cri du Gard, organe régional hebdomadaire du Parti communiste, 24 avril 1937.
Version au 12 avril 2026.
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