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CARAMINI René

  • Renaud Poulain-Argiolas
  • 23 nov. 2023
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 10 juin

Né le 24 février 1937 à Lançon-Provence (Bouches-du-Rhône) ; cheminot ; militant communiste de Miramas (Bouches-du-Rhône) ; syndicaliste UFCM-CGT ; militant associatif.


René Caramini et Roger Juana, collègues de travail, camarades de parti et de syndicat. Miramas, sans date.
René Caramini et Roger Juana, collègues de travail, camarades de parti et de syndicat. Miramas, sans date.

Le père de René Caramini, Giacomo Caramini, était né à San’Agata Fossili (province d’Alexandrie) dans la région du Piémont (Italie). Sa mère, Maria Zuccoti, était née à Breo, dans la même province. Pendant la Première guerre mondiale, Giacomo Caramini avait combattu dans l’armée royale italienne en Autriche. De mémoire familiale, il avait sauvé la vie d’un camarade empêtré dans des barbelés, alors que les Italiens battaient en retraite. Il fut un temps prisonnier de guerre.

Après la naissance de leur première fille, Elda, née en 1920, lui et sa femme vinrent s’installer en France. En 1924, il travaillait dans une tuilerie-briqueterie de l’entreprise Saccoman à L'Estaque, dans la banlieue marseillaise. Les ouvriers italiens, algériens et corses y étaient nombreux. Il fréquenta la cantine ouvrière dans laquelle Battistina Argiolas faisait le service. Les familles Caramini et Argiolas allaient se croiser pendant plusieurs décennies. Cette année-là, elles eurent des enfants à un jour d’écart, de sorte que les actes de naissance d'Henriette Caramini et Jean-Marie Argiolas se faisaient face dans le registre d'état civil.


Par la suite, Giacomo Caramini sera agriculteur. En 1931, le foyer de la famille se trouvait dans le quartier nord-ouest de Lambesc. Il s’agrandira d’une troisième fille, Jacqueline, et de René, venu au monde près du château de Lançon, qui sera le seul garçon. Quand le père était à la vigne, sa femme l’appelait pour manger en frappant sur un gros tampon de chemin de fer qu’il pouvait entendre de loin. Un jour elle l’alerta pour un incendie qui sévissait dans le voisinage. Il sauva des flammes une femme de la noblesse, dont le mari voulut remercier le sauveteur en lui offrant une ferme. Comme Caramini père tentait d’obtenir la nationalité française sans succès depuis des années, le mari fit jouer ses relations et permit à la famille d’être naturalisée. Grâce à la sympathie qu’il s’était attirée, il avait régulièrement de l’ouvrage.


Encore de mémoire familiale, Jacques Caramini fut brièvement interné au camp des Milles. Un clin d’oeil du destin le fit retrouver celui qu’il avait sauvé lors de la Première guerre mondiale. Et quand des hommes en traction vinrent soustraire au camp cet homme visiblement important, ce dernier ordonna que Caramini sortît du camp avec eux, lui évitant un dénouement plus tragique. Vers la fin de l’année 1945, les Caramini habitèrent temporairement à Miramas chez leur fille Elda avant de s'installer à Grans en 1947, où le père avait trouvé une petite ferme. Entre septembre 1944 et juillet 1955, il fit l’acquisition de plusieurs terrains sur les communes de Grans et de Cornillon-Confoux.


Séance de travail à l'UL CGT de Miramas, vers le début des années 1970. René Caramini et Paulette Argiolas.
Séance de travail à l'UL CGT de Miramas, vers le début des années 1970. René Caramini et Paulette Argiolas.

De 1954 à 1957, René Caramini fut formé à l’École de radioélectricité et d'électronique de Marseille (EREM), qui avait été créée en 1942 par la Chambre de commerce et d'industrie de Marseille avec une section de radioélectriciens destinée à la marine marchande. De 17 à 20 ans, il y eut comme camarade et ami Charly Chabany, le fils de Charles Chabany. Il travailla quelques mois chez Sud-Aviation et se syndiqua à la CGT. En guise de service militaire, il passa 30 mois comme chef de centre télécom dans une usine de réparation de matériel électronique pour l’armée allemande. Quand il fut libéré de l’armée, quelqu’un du service électrique lui conseilla de postuler au chemin de fer. Il n’avait pas encore pris ses fonctions au service électrique signalisation en gare de Miramas que Jean-Marie Argiolas lui fit sa carte d’adhérent à la CGT cheminote. Il sera actif à l’UFCM-CGT (Union Fédérale des Cadres et Maîtrise). Pendant des années, Argiolas se rendit à la Fête de l'Humanité pour animer le stand de la fédération communiste des Bouches-du-Rhône. Avant de quitter Miramas, il venait en camionnette chez Caramini pour charger du matériel électrique. Les cheminots du service électrique prévoyaient large pour être en mesure d'en prêter aux camarades d'autres stands qui en manquaient.


Fête de l'Humanité 1970. De gauche à droite : Roger Juana, Paulette Argiolas, Jean-Marie Argiolas, René Caramini, Claudie Astier, Georges Saulnier.
Fête de l'Humanité 1970. De gauche à droite : Roger Juana, Paulette Argiolas, Jean-Marie Argiolas, René Caramini, Claudie Astier, Georges Saulnier.

René Caramini possédait une caméra Super 8 avec laquelle il réalisa dans les années 1960-1970 des films amateurs en couvrant des événements militants. Une courte séquence qu'il enregistra en 1968 fut reprise dans le documentaire La Saga du rail de Virginie Linhardt en 2020. On y voit défiler des femmes de Miramas solidaires des ouvriers en grève. Une autre de ses vidéos est en ligne sur le site Ciné-Archives (« fonds audiovisuel du PCF ») : c'est une présentation d'une quinzaine de minutes de l’édition de la Fête de l'Humanité de 1970. Le début témoigne de l'ouverture de la fête avec l'arrivée de dirigeants du PCF, comme Georges Marchais, Jacques Duclos, Roland Leroy, Gaston Plissonnier, Jean Kanapa, Étienne Fajon, Georges Séguy et René Andrieu. La fin montre le stand du PCF des Bouches-du-Rhône, avec quelques portraits de camarades de Caramini, dont une séquence sur Paulette Argiolas en train de monter un aïoli.


Il fut conseiller aux prud'hommes durant plusieurs années. Sa femme, Rosette Caramini, fut une militante de l'Union des Femmes françaises de Miramas. Ils eurent deux filles.


Manifestation pour la défense des retraites, Marseille, vers 2003. De gauche à droite : Jean-Claude Reynaud, Jean-Claude Vighetti, Paulette Argiolas, Dany Juana, Roger Sibille, Roger Juana, Raymond Ligé, René Caramini.
Manifestation pour la défense des retraites, Marseille, vers 2003. De gauche à droite : Jean-Claude Reynaud, Jean-Claude Vighetti, Paulette Argiolas, Dany Juana, Roger Sibille, Roger Juana, Raymond Ligé, René Caramini.

Le nom de René Caramini figure parmi les contributeurs à un ouvrage collectif paru en 2000 sur l'histoire de Miramas, Miramas à travers temps : Quand les anciens témoignent, dirigé par Séverine Justin et édité par l'association locale Vivre Notre Temps. De 1998 à 2007, il était membre du conseil d'administration de l'association de retraités Vivre Notre Temps. Il y côtoya ses camarades Denise Clément, Serge Sabatier, Simone Gachon et Paulette Argiolas


Sources : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, Recensement de la population de Lambesc, 1931, 6 M 469 ; Répertoire des formalités hypothécaires 1848-1955, Aix-en-Provence, Volume n°120, 4 Q 1 5923. — Séverine Justin (éd.), Miramas à travers temps : Quand les anciens témoignent, Association Vivre Notre Temps, 2000. — Virginie Linhardt, La Saga du rail, 2020. — Entretiens avec l'intéressé (octobre 2020). — Ciné-Archives : Fête de l'Humanité 1970.


Iconographie : Archives Argiolas. — Arch. de la section PCF de Miramas.


1ere version dans Le Maitron : 25 novembre 2021.

2e version : 10 juin 2026.


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Passionné d'histoire, j'ai collaboré pendant plusieurs années au Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - mouvement social.

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