ZENENSKI Henri
- Renaud Poulain-Argiolas
- 3 juin
- 4 min de lecture
Né le 7 mai 1920 à Paris (IVe arr.), mort le 2 décembre 2011 à Cannes (Alpes-Maritimes) ; assistant de Joseph Zenenski à "L'Esplanade Cinéma" de Nice (Alpes-Maritimes) ; acteur du Front populaire par l'image ; promoteur du sport ouvrier.

Henri Zenenski vit le jour au domicile de ses parents, au n°1 bis de la rue du Figuier (quartier Saint-Gervais) à Paris (IVe arr.). Ceux-ci étaient des casquettiers juifs originaires de Pologne : Elias Zenenski, né à Paris, et Sarah Enndewelt, native de Varsovie. Cette dernière deviendra concierge par la suite. En 1926, les Zenenski habitaient à cette adresse avec leurs enfants – dans l’ordre : Maurice, Jeanne, Charles, Berthe, Henri et Lylianne, nés entre 1904 et 1925, auxquels il faut ajouter Anna, qui n’est pas mentionnée dans le recensement de la population. En 1931, Henri et ses sœurs Berthe et Lylianne étaient les seules à vivre encore avec leurs parents, rue Eugène Fournière, dans le XVIIIe arrondissement de Paris.

Dans les années 1930, Henri Zenenski habitait Nice (Alpes-Maritimes). Il secondait son oncle Joseph Zenenski, qui avait fait construire un cinéma place Risso, dans l’ensemble immobilier du Palais de l’esplanade. La bâtisse avait été dessinée par l’architecte à succès Honoré Aubert, créateur d’un style « art déço niçois ». L’Esplanade Cinéma était fort d’une capacité d’accueil de 1100 places, réparties entre un orchestre, un balcon, quelques loges et un bar. L’inauguration se fit en septembre 1930. On peut imaginer qu’Henri se forma sur le plan cinématographique auprès de son oncle. À partir de 1936, Joseph Zenenski collabora étroitement avec le PCF et la CGT à la promotion du tourisme populaire sur la Côte d’Azur. Il mit le cinéma au service des luttes du Front populaire (congés payés et antifascisme) jusqu’à couvrir les obsèques monumentales d’Espaltero Rossi, communiste niçois assassiné par l’extrême-droite. On peut supposer qu’Henri Zenenski était impliqué dans ces différentes campagnes aux côtés de son oncle.
En février 1938, Henri Zenenski était – avec le député communiste Virgile Barel – président d’honneur le Cercle athlétique populaire de Nice. Affilié à la FSGT (Fédération Sportive et Gymnique du Travail), le club avait son siège social à la Brasserie de la Grande Corniche (37 avenue des Diables bleus) et comptait une centaine de jeunes adhérents. Le Cri des travailleurs des Alpes-Maritimes mentionnait aussi les noms de son président, « le camarade Broch », et de ses secrétaires : Antoine et Brovia.
Henri Zenenski était propriétaire du cinéma « Les Deux Salles », situé au 17 quai Vauban à Perpignan (Pyrénées-Orientales). Après la mise en place du second statut des Juifs en juin 1941 par le gouvernement de Vichy, un arrêté ministériel écarta Zenenski de la direction de l’établissement le 29 novembre 1941 pour nommer un certain Paul Roques (domicilié 39 rue Rempart-Villeneuve) comme administateur provisoire. Le 10 janvier 1942, un décret étendait les pouvoirs de Roques au droit au bail, avec exploitation du bar et des commerces annexes qui dépendaient du cinéma. Ce décret était signé par Xavier Vallat, commissaire général aux questions juives, qui organisa l’appropriation et la liquidation des biens juifs par le régime.
Les parents d’Henri Zenenski – son père Elias et sa mère Sarah – ; sa sœur Lylianne, âgée de dix-sept ans ; sa tante Adèle Zenenski et l’époux de celle-ci – Nathan Bichowski – furent déportés et tués à Auschwitz en 1944.
Il est possible que Zenenski travaillât encore avec son oncle Joseph après la guerre. Le 9 janvier 1945, le tribunal civil de Perpignan désignait celui-ci comme délégué provisoire à la société à responsabilité limitée « Cinéma les Deux Salles » et lui donnait les pouvoirs de gestion et d’administration. Joseph Zenenski était domicilié à l’adresse du cinéma.
Henri Zenenski se maria à Nice le 26 janvier (ou le 26 février selon les sources) 1945 avec Denise Brugait, fille d'un employé de commerce et native de la commune.
Sources : Arch. mun. Paris (4e arr.), Naissances 1920 (23 avril-14 mai 1920), Acte n°937, 4N 227-1 ; Recensement de la population du IVe arr. (rue du Figuier), 1926, D2M8 227 ; Arch. mun. Paris, Recensement de la population du XVIIIe arr. (rue Eugène Fournière), 1931, D2M8 442. — Arch. Dép. Alpes-Maritimes, État civil de Nice, Naissances 1922, Acte n°211, 2 E 616 ; Nice, Le Petit Niçois, 7 septembre 1930 (en ligne). — Le Cri des travailleurs des Alpes-Maritimes, 26 février 1938 (BNF-Gallica). — Journal officiel de l’État français, 5 février 1942 (74e année, N°31), p. 514 (BNF-Gallica). — Notice Soleils rouges de ZENENSKI Joseph par Renaud Poulain-Argiolas. — Site de la Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur, Immeuble dit Palais de l’esplanade ; Cinéma dit L'Esplanade. — Site de Yad Vashem.
Iconographie : Arch. Dép. Alpes-Maritimes, Nice, Le Petit Niçois, 7 septembre 1930 (en ligne). — Blog « Ciné-Façades » (consacré aux salles de cinéma), « Esplanade (Nice – 06) », billet du 14 octobre 2011.
Version au 3 juin 2026.


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