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GIANNETTI Armand [né GIANNETTI Armando, Ottorino]

  • Renaud Poulain-Argiolas
  • 1 nov. 2024
  • 12 min de lecture

Dernière mise à jour : 16 mars

[Cette biographie s'inspire d'un texte originellement écrit par Antoine Olivesi et Jean-Marie Guillon ainsi que d’un article signé Louis Botella. Je les ai rassemblés et complétés, en mettant en gras mes propres apports pour pouvoir les distinguer.]


Né le 18 août 1893 à Bientina (province de Pise, Italie) ; agriculteur ; militant communiste de Martigues (Bouches-du-Rhône), secrétaire de la cellule communiste de Martigues ; syndicaliste CGTU ; président de la section martégale des Amis de l’URSS ; emprisonné pour propos défaitistes, puis interné ; plus tard secrétaire de la section du Parti populaire français (PPF) de Martigues, membre de la Légion des Volontaires français contre le Bolchevisme (LVF).


Armand Giannetti arriva en France à l’âge de trois ans avec ses parents, Jacobo Giannetti, cultivateur, et Carolina Vincenti, tisseuse. Il était l’avant-dernier né d’une fratrie de six frères. Ses parents avaient perdu cinq enfants en bas âge. Les Giannetti vécurent d’abord à La Ciotat (Bouches-du-Rhône) avant de s’installer à Martigues en 1902. Il combattit dans l’infanterie italienne pendant la Première Guerre mondiale et se maria en 1919 en Italie avec Rachele Zambelli.


Armand Giannetti était un militant communiste ardent. Il dira avoir adhéré au parti en 1927. Le commissaire de police Tomasi de Martigues fit le 19 août 1927 un rapport sur la propagande communiste au Directeur de la Sûreté générale. Il mentionnait que les chefs des cellules de la région avaient recruté dans différentes usines près de 140 membres en trois jours, suite aux ordres du rayon communiste de Marseille. Il ajoutait : « tous ces membres, affiliés maintenant à la CGTU, [étaient] en partie des étrangers de nationalité italienne ou espagnole ». Parmi les « étrangers propagandistes » de la cellule de Martigues, Armando Giannetti, Joseph Negro, Giuseppe Bastoni et Vincenzo Alphonsi avaient été identifiés. Giannetti était alors métayer dans la commune. Le commissaire Tomasi informait que les militants avaient intensifié leur propagande près du secteur industriel stratégique de Caronte. L’usine Verminck y employait neuf cents ouvriers et les Établissements maritimes de Caronte voyaient leur production s’envoler. Celle-ci devait passer de 30 à 40.000 tonnes à environ 700.000 tonnes en janvier 1928, faisant du port maritime le 7e de France pour son trafic. Les dockers CGTU de Marseille, comme les communistes, voyaient cette évolution avec intérêt et tentaient de recruter de nouveaux adhérents. Une cellule communiste était d’ailleurs en formation dans le secteur de Croix-Sainte. La Direction de la Sûreté écrivit à Tomasi qu’Armando Giannetti était arrivé à Martigues en 1906 depuis Marseille, qu’il avait deux enfants en bas âge avec sa femme Rachele et qu’il séjournait à ce moment-là à Barrême (Basses-Alpes) à l’Hôtel Gilbert.


Le couple fut naturalisé par décret le 27 juin 1928 (sur intervention de Fernand Bouisson, président de la Chambre des députés et élu des Bouches-du-Rhône d’après Giannetti). Dans son dossier de demande de naturalisation, l’intéressé notait que trois de ses frères étaient déjà devenus français et que les deux autres avaient des demandes en cours de traitement. Il déclarait ne pas faire de politique, gagner 20 F par jour en tant qu’agriculteur et payer 500 F de loyer annuel. Les bons renseignements obtenus à son sujet par le préfet des Bouches-du-Rhône ainsi que ses revenus modestes lui permirent de ne payer que 50 F de droits de naturalisation. Son fils Lénine Giannetti, né en 1920, avait été naturalisé par déclaration l’année précédente.


Dans un rapport du 28 novembre 1928, le commissaire Tomasi informait sa hiérarchie que Giannetti était domicilié Villa Montplaisir, Pointe Paradis, à Martigues. Sans profession, il aurait eu l’intention d’organiser une section syndicale CGTU dans la commune, ayant déjà fait adhérer « de nombreux ouvriers et garçons coiffeurs de la région ». En revanche, le matin-même, il n’avait pas réussi à convaincre les ouvriers charretiers de demander une augmentation à leurs patrons. Une permanence hebdomadaire devait être mise en place tous les dimanches de 10h à midi, au siège du syndicat CGTU, 20 Rue Capoulière, 1er étage, à Martigues. Une notice individuelle sur Giannetti accompagnait le rapport. Elle rappelait qu’au moment des élections législatives et du Conseil d’arrondissement, il avait fait campagne pour le communiste Marty, faisant le collage des affiches. Il était en possession d’un passeport pour l’Italie où son épouse se trouvait hospitalisée.

D’après la police, Giannetti était « secrétaire général » de la cellule communiste de Martigues en 1930 et président de la section locale des Amis de l’URSS. Il avait créé un incident au cimetière, devant le monument aux morts, le jour de Toussaint 1933, en prenant la parole après le maire, pour dire qu’il « unissait dans une même pensée les accidentés du travail et les morts au soi-disant champ d’honneur, victimes les uns des patrons et les autres des parasites du gouvernement ». Le commissaire de police demanda alors sa déchéance de nationalité. En novembre 1936, un Giannetti [S'agit-il du même ?] était le secrétaire du syndicat général CGT des travailleurs de l’Alimentation du canton de Martigues.


Devenu veuf, il s’était remarié le 21 mai 1930 à Martigues avec Blanche Bidot, qui avait un fils issu d’un premier mariage. Accidenté du travail et sans doute pensionné, il était, depuis 1931, le secrétaire du Groupement autonome des mutilés et invalides du travail de Martigues. En 1934, il en était secrétaire général et y côtoyait Maurice Tessé (sans doute Maurice Tessé père), qui était trésorier général, ainsi que Joseph Barthélémy, membre de la commission de contrôle.

En 1937, Giannetti mena une campagne d’information pour l’application du droit aux congés payés des accidentés du travail. Il était en conflit avec les caisses de congés payés, qui donnaient des informations minimisant à ses yeux les droits des personnes concernées. Il s’adressa au ministre du Travail qui lui donna raison. La lettre de celui-ci fut publiée dans Rouge-Midi, suivie des horaires des permanences tenues par le militant, qui se montrait particulièrement zélé : il assurait une permanence quotidienne chez lui à Martigues de 8h à midi et de 14h à 19h, en plus d’une autre le vendredi après-midi à Port-de-Bouc, dans la salle de la mairie.


À partir de 1939, des récits radicalement différents s’opposent concernant la trajectoire d’Armand Giannetti. D’un côté, l’État le considère comme un militant communiste et actionne un engrenage de persécutions administratives à son encontre. De l'autre, l’intéressé prétend qu’un complot a été ourdi contre lui et donne l’impression, dans ses justifications successives, d'éluder une partie de la réalité. Giannetti fut arrêté le 28 septembre 1939 pour propos défaitistes, écroué quarante-cinq jours à la maison d’arrêt d’Aix-en-Provence, puis au Fort Saint-Nicolas à Marseille (Bouches-du-Rhône) et finalement condamné le 28 mars 1940 à un an de prison et 1 000 francs d’amende par le tribunal militaire de la XVe Région « pour publication d’information de nature à exercer une influence fâcheuse sur le moral de l’armée et des populations, et outrages à commandant de la force publique ». Il n’avait pas de profession définie d’après la police, jouant le rôle d’écrivain public, s’occupant des démarches en faveur des accidentés du travail, intervenant pour les expulsés pour solliciter des délais.


Giannetti écrivit dans un texte en défense, signé le 18 août 1940, qu’il avait démissionné du Parti communiste et n’avait adhéré à aucun parti depuis, ajoutant que les communistes de Martigues et Port-de-Bouc avaient lancé « une campagne de diffamation » contre lui avec un article dans Rouge-Midi du 7 avril 1934 et qu’il lui reprochaient l’autonomie de son groupement. Dans le texte en question, un « Groupe de mutilés et invalides du travail de Martigues et de Port-de-Bouc » l’accusait de « collaboration avec le patronat au détriment des victimes du travail dans les procès intentés par ces dernières ». On lui reprochait d’avoir menti sur les effectifs du groupement, qui aurait été composé de 200 personnes, et non de 500 comme il l’aurait déclaré. D’après ses détracteurs, la prétendue supercherie lui aurait permis de percevoir 500 F par mois de la préfecture et 1000 F par an de la municipalité. De l’avis de l’intéressé lui-même, il aurait été dénoncé par le lieutenant Doyonas de la DCA à Martigues, qu’il tenait pour coupable d’avoir escroqué plusieurs commerçants locaux. Doyonas l’aurait entendu dire le 8 septembre, à 9 heures du soir, dans le bar Cyrnos de Port-de-Bouc, à des militaires que « les officiers ne s’occupaient pas [d’eux et qu’ils étaient] mal habillés et mal nourris ». Après l’annonce de sa condamnation, un commissaire du gouvernement lui aurait conseillé de s’engager dans les corps-francs. Dans le texte déjà cité du 18 août 1940 (intitulé « Mémoires »), il se défendait d’avoir été un défaitiste, se disait fier d’être français et proclamait son amour pour la France. Il rappelait qu’il avait organisé en 1938 et 1940 des fêtes de bienfaisance en faveur de l’œuvre antituberculeuse des Bouches-du-Rhône, patronnées par les autorités politiques et militaires, qu’il avait incité les étrangers à s’engager en août 1939 et avait rempli plusieurs demandes, qu’il s’était lui-même engagé dans une compagnie de travailleurs militaires et avait rejoint la poudrerie de Saint-Chamas (Bouches-du-Rhône) le 5 septembre (alors qu’il n’aurait dû y aller que le 25) et que le tribunal militaire avait suspendu sa peine et l’avait libéré le 18 avril 1940.


Libéré avec la classe 1913, soit le 11 mai suivant, il rentra dans ses foyers à Martigues. Il retrouva son poste de secrétaire du Groupement autonome des mutilés et invalides du travail.

Cette défense intervenait après que la Police spéciale proposa, le 19 juillet, sa déchéance de nationalité et son éloignement du territoire français. Il fut l’objet d’un arrêté d’internement administratif, le 20 septembre 1940 et envoyé le lendemain au camp de Chibron (commune de Signes, Var). Il figurait sur la liste des communistes « dangereux ». Le secrétaire général du maréchal Pétain envoya le 2 octobre 1940 une note aux ministres de l’Intérieur et de la Justice pour les informer que la loge maçonnique de Martigues aurait été reconstituée par Giannetti, décrit comme « un Italien fraîchement naturalisé qui a été condamné à un an de prison pour insulte à l’armée et, qui, il y a un an à peine ne parlait presque pas le français et l’écrivait encore mois. » Le 23 octobre, le commissaire de police de Martigues confirmait au préfet des Bouches-du-Rhône les engagements et condamnations passés de Giannetti, à l’exception de son lien avec la franc-maçonnerie.


À la dissolution du camp de Chibron, Giannetti fut transféré le 16 février 1941 à Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn). La Police spéciale donna un avis défavorable à sa libération le 15 septembre suivant. Auditionné par le commissaire du camp de Saint-Sulpice, le 5 juin 1942, il assura avoir démissionné par écrit du Parti communiste en février 1928 par suite de désaccord. Selon la formule consacrée, il condamnait et reniait le parti et le pacte germano-soviétique, était disposé à signer volontiers l’acte de loyalisme au gouvernement actuel et s’engageait à suivre le Maréchal dans sa politique de Révolution nationale. Le chef de camp donna un avis favorable car il s’était publiquement désolidarisé des meneurs des incidents du 2 avril (la protestation contre l’envoi d’internés en Afrique du Nord) et était revenu de ses idées « de façon absolue ». Armand Giannetti fit les frais de l’application de la loi du 22 juillet 1940 promulguée par le gouvernement de Vichy. Portant révision des naturalisations obtenues depuis 1927, elle visait particulièrement les juifs et les communistes. Son dossier passa une première fois devant la Commission de révision des naturalisations le 14 octobre 1941. Celle-ci se prononça pour un « retrait général », c’est-à-dire pour une dénaturalisation étendue à sa femme Blanche et à son fils Denis, au motif qu’ils étaient tous liés aux idées communistes. Le retrait fut acté le 20 mars 1942.


Giannetti fournira de longues explications écrites, le 27 avril 1943, à Maurice Gabolde, Garde des Sceaux de Vichy, sur son engagement et ses différends avec le PCF : « Comme trop de Français abusés et naïfs j’ai commis la grave erreur d’adhérer au parti communiste du mois d’août 1927 au mois de février 1928 ». Il dira en avoir démissionné quand il comprit « les buts inhumains de ce parti et des chefs de ce parti à la solde du gouvernement sanguinaire de Moscou ». Il y aurait donc été engagé seulement six mois. Toutefois cette durée ne correspond pas du tout aux rapports de police qui traitent de son activité politique jusqu’en 1933. En assumant sa fonction de secrétaire du Groupement autonome des mutilés et invalides du travail de Martigues de septembre 1931 à septembre 1939, il disait avoir « rendu d’immenses services à des milliers de malheureux déshérités de la région provençale » et s’être du même coup « attiré la jalousie des chefs communistes de l’ex-CGT et la haine de puissantes compagnies d’assurances et de ses agents généraux » qui le voyaient comme « un trouble fête ». Alors qu’en temps de paix son groupement aurait grandi avec sa popularité, il prétend que la guerre aurait permis à ses « ennemis, juifs, francs-maçons et communistes de s’emparer du décret du 1er septembre 1939 (…) pour [le] compromettre par une infâme machination infernale afin de [le] faire disparaître. »


Durant l’été 1941, il correspondait depuis la baraque 20 du camp de Saint-Sulpice avec Simon Sabiani, dirigeant du Parti populaire français (PPF) de Marseille, organisation collaborationniste d’obédience fasciste. Dans une lettre du 22 août, ce dernier évoquait un courrier du 26 juillet dans lequel Giannetti avait évoqué son cas et celui de deux codétenus, Denis Unia et Jean Reynier, qu’il présentait comme internés à tort. Sabiani se disait prêt à interférer auprès des pouvoirs publics pour solliciter une mise en liberté, à condition que Giannetti fournisse « une déclaration d’attachement indéfectible à la politique du Maréchal Pétain ». Il remerciait le prisonnier pour son adhésion à la Légion des Volontaires français contre le Bolchevisme (LVF), se réjouissant que sa libération pût servir « la grande cause de la civilisation mondiale ». Selon Blanche Giannetti, c’est le 16 juillet qu’il rejoignit la LVF « pour justifier, son sincère repentir, et son reniement du Parti communiste, ainsi que sa volonté de combattre ceux qui ont fait tant de mal à la France. » En raison de son âge avancé, il ne fut pas intégré à la légion. Le courrier suggère que Giannetti avait déjà rejoint le PPF ou qu’il était sur le point de le faire. On sait que lui et sa femme adhérèrent cette année-là. Une lettre de Blanche Giannetti, adressée au Garde des Sceaux Joseph Barthélémy le 30 juin 1942, ajoute que Lénine Giannetti (devenu entre-temps Denis Giannetti) y aurait adhéré à la même époque. On y apprend aussi que Simon Sabiani avait fait d’Armand Giannetti le secrétaire de la section martégale de son parti et l’avait chargé de la propagande anticommuniste à l’intérieur du camp de Saint-Sulpice. Cela aurait valu au détenu « toutes sortes d’injures de la part des communistes » et des menaces de mort. La Commission de révision des naturalisations confirma le 25 juillet 1942 sa décision initiale concernant les Giannetti.


En écrivant au Garde des Sceaux depuis l’Allemagne, Armand Giannetti espérait faire reconnaître sa loyauté envers l’État français. Il se plaignait de son "trop long calvaire", malgré les propositions de libération formulées par le chef du camp de Saint-Sulpice et les interventions de Simon Sabiani auprès de la préfecture des Bouches-du-Rhône et du ministère de l’Intérieur. Il revendiquait d’avoir signé le 3 novembre 1942 son engagement volontaire au titre de la Relève pour aller travailler pour l’industrie allemande. Sa femme, disait-il, en avait fait autant. Le 14 novembre 1942, il avait quitté le camp de Saint-Sulpice, ne comprenant pas que les autorités du Reich lui refusassent une « brève permission » pour aller embrasser ses enfants à Martigues. Quelques jours avant son départ, le chef du camp l’avait informé que la nationalité française lui avait été retirée par le décret de mars 1942, dont il n’avait pas reçu pas de copie. Il commença à travailler le 3 décembre 1942 aux usines Opel, tandis que sa femme était employée aux usines Brennabor, toutes situées à Brandebourg-sur-la-Havel (en allemand Brandenburg an der Havel). Évoquant la mobilisation de son fils adoptif René Balli (il l’écrit « Ballis ») en mars 1943 avec la classe 1941, il regrettait qu’on n’eût pas tenu compte de la tuberculose pulmonaire dont il était affecté. René Balli partit également en Allemagne dans le cadre de la Relève, mais à Nuremberg. Giannetti exprimait son sentiment d’injustice devant le décret de dénaturalisation collective, qui faisait fi de leur « volonté sincère de servir fièrement le Maréchal Pétain, le Gouvernement de Monsieur Pierre Laval et la France. » Il sollicitait la bienveillance du ministre pour leur permettre de « servir la France partout, pour le triomphe de la Révolution Nationale et Sociale et pour son redressement. » C’est Georges Scapini, ambassadeur de France à Berlin, qui fit suivre la lettre du proscrit à Maurice Gabolde le 1er juin 1943. Le 19 août, le ministère des Affaires étrangères lui répondit de faire savoir à Giannetti qu’il n’était plus français. Scapini insista en demandant qu’on lui répondît par le biais du Service diplomatique des prisonniers de guerre.


Le cas des Giannetti sera encore discuté par la suite par les plus hautes instances de la nation. Le changement de régime – de Vichy au Gouvernement provisoire de la République française – rend le suivi plus compliqué, les ministres ne restant pas en place bien longtemps. Le 27 novembre 1943, la Commission de révision de naturalisations de Vichy se pencha une dernière fois sur le dossier. Elle décida de laisser trancher le ministre de l’Intérieur Pierre Laval, qui ne traita visiblement pas l’affaire. Puis l’ordonnance du Comité de Libération nationale du 24 mai 1944 abrogeait en théorie tous les décrets pris par le gouvernement de Vichy. Pourtant, le Garde des Sceaux (François de Menthon) demanda le 24 mars 1945 au ministre de l’Intérieur (Adrien Tixier) une enquête sur la conduite et la moralité de Giannetti et des membres de sa famille pendant l’Occupation, en vue de les déchoir de la nationalité française. Le 16 mai 1946, le ministre de l’Intérieur (André Le Troquer) écrivait au ministre de la Santé publique et de la Population (Robert Prigent). Il mettait un point final à cet imbroglio juridique : Armand Giannetti ayant été naturalisé plus de dix ans avant sa condamnation, la procédure de déchéance ne s’appliquerait pas à lui. On ignore quels furent ses engagements ultérieurs.


Sources : Registro degli atti di nascita del comune de Bientina, 1893, N. 80 (archives du site internet Family Search). — Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, M 6/11379, rapport du sous-préfet d’Aix du 18 janvier 1934 et 5 W 187 (dossier d’internement). — Arch. Dép. Var, 4 M 291 (Jacques Girault). — Arch. Nat., Dossiers nominatifs du fichier central de la Sûreté nationale (1870-1940), 19940448/177, Dossier 15105. — Archives nationales en ligne, BB/27/1422-BB/27/1445 (dénaturalisés de Vichy). — Le Radical de Marseille, 17 janvier 1934. — Rouge-Midi, organe régional hebdomadaire du Parti communiste, 7 avril 1934, 17 novembre 1936, 10 septembre 1937 (BNF Gallica).


2e version complétée par moi : 8 septembre 2024. 

3e version : 18 février 2025.

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Passionné d'histoire, j'ai collaboré pendant plusieurs années au Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - mouvement social.

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