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MUDADU Paul [MUDADU Paolo, dit Paul]

  • Renaud Poulain-Argiolas
  • 28 nov. 2023
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 1 heure

Né le 2 décembre 1912 à Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône), mort le 4 février 2008 à Martigues (Bouches-du-Rhône) ; docker, épicier, puis ajusteur ; militant communiste à Martigues, secrétaire des Jeunesses communistes avant la guerre ; résistant des Francs-Tireurs et Partisans français.


Paul Mudadu
Paul Mudadu

Fils d’immigrés sardes, Paolo Mudadu vit le jour au domicile de ses parents dans le quartier des cabanes. Il était l’aîné d’une fratrie de cinq enfants nés à Port-de-Bouc, qui comprenait aussi Salvatore né en 1919, Francesco né en 1923, Jean né en 1925 et Jeanne née en 1930. Leurs parents étaient Francesco Mudadu, né à Ossi (Italie), riveur pour l’entreprise Lafarge, et Giovanna Maria née Ledda (ou Leda selon les sources) à Bulzi (Italie), sans profession. En 1931, la famille était domiciliée dans le quartier Milan au n°728. Paolo était employé comme manœuvre.


Paul Mudadu acquit la nationalité française le 13 janvier 1933 par déclaration devant le juge de Paix. Il se maria à Martigues le 4 janvier 1936 avec Irma Larini, une Italienne originaire de Noceto (province de Parme) dans la région d’Émilie-Romagne. Elle devint française avec lui. Le couple eut une fille, Joséphine, la même année.


Fête du PCF à Gémenos, années 1930. De gauche à droite : Mme Pappatico, F. Pappatico, A. Blanc, M. Maras et P. Mudadu.
Fête du PCF à Gémenos, années 1930. De gauche à droite : Mme Pappatico, F. Pappatico, A. Blanc, M. Maras et P. Mudadu.

Mudadu écrira plus tard avoir adhéré au Parti communiste en janvier 1936. D’après l’historien Jacky Rabatel, les effectifs des communistes de Martigues étaient constitués pour l'essentiel de militants venus travailler dans les grandes entreprises, comme Gabriel Mouttet, et de réfugiés politiques italiens, comme Jacques et Rina Meli. Un Comité italien antifasciste, comprenant une cinquantaine de membres, était mené par Philippe Pappatico, qui diffusait Il Griddo del popolo (Le Cri du peuple). Sans local ni matériel, la cellule communiste était rattachée au rayon de Port-de-Bouc, où ses tracts étaient tirés. Elle ne vivait que par l’action de quelques militants qui distribuaient l’Humanité et Rouge-Midi. Le siège de la cellule martégale était fixé dans des bars successifs, puis dans un local de la rue de l’École vieille, éclairé par une lampe à carbure. Le parti avait une faible influence, comme le suggère le score de 40 voix qu’il avait fait lors des élections législatives de 1932.


Quoiqu’il fût docker, Paul Mudadu acheta en février 1939 un fonds de commerce au n°7 du quai des Girondins pour s’établir comme épicier. Il fut mobilisé dans la 115e compagnie PACA à Nîmes du 28 août 1939 au 27 juin 1940, avant d’être réformé définitif par la commission de réforme de Fréjus. En juillet 1941, il revendait son commerce d’épicier mais continua à vivre à cette adresse. Fin 1942, alors que plusieurs dizaines de communistes avaient été arrêtés entre Martigues et Port-de-Bouc à l’initiative des autorités de Vichy, Paul-Baptistin Lombard cherchait à faire de nouvelles recrues. Paul Mudadu en fit partie. Son frère Sauveur Mudadu les rejoignit à la fin du mois d'octobre. Paul forma un nouveau triangle de FTP avec un certain Canova et Esquiva dit "Jésus". Ils étaient approvisionnés en matériel de propagande par François Miras.


Le 5 mai 1943 un décret actait la dénaturalisation de Paul Mudadu (annonce au JO le 29 mai 1943). Le 14 février 1941, le préfet des Bouches-du-Rhône avait demandé au ministère de l’Intérieur de réviser sa nationalité française au titre de l’application de la loi du 22 juillet 1940, qui visait particulièrement les communistes, les juifs et d’autres groupes persécutés par le gouvernement de Vichy. Il était « signalé comme un militant communiste des plus actifs (…) secrétaire de la Jeunesse communiste de la ville de Martigues et [figurant] sur les listes officielles de ce parti, détenues aux archives du commissariat ». La dénaturalisation sera annulée en mai 1944 par le Comité français de libération nationale. Dans le courant de l'année, Irma Mudadu s'engagea au Parti communiste.


Après la guerre, Paul Mudadu travailla comme ajusteur aux Chantiers et Ateliers de Provence de Port-de-Bouc. En 1986, lorsqu’il demanda sa carte de vétéran du PCF, il était domicilié 23 allée des Estandadous à Martigues. Retraité, il était membre de la cellule communiste Albert Jauras.


Sources : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, État civil de Port-de-Bouc, Naissances 1912, Acte n°83, 202 E 1317 ; Recensement de la population, Port-de-Bouc, 1931, 6M511 ; 315 J 635 Fédération départementale du PCF (demande de carte de vétéran : 1 AU 2352). — Archives nationales en ligne, BB/27/1422-BB/27/1445 (dénaturalisés de Vichy : lettres J à N). — L’Avenir provençal : 25 février 1939, 2 août 1941. — « Hommage à Philippe Papatico : une vie au service des autres », La Marseillaise, 1995 (année estimée, car date découpée). — Jacky Rabatel, Une ville du Midi sous l’Occupation : Martigues, 1939-1945, Centre de Développement Artistique et Culturel, Martigues, 1986 (pp. 35, 156, 219, 384). — Site Généanet. — Site Match ID, Acte n°79, Source INSEE : fichier 2008, ligne n°62964. — Propos recueillis auprès d’Yves Tassy.


Iconographie : Jacky Rabatel, Une ville du Midi sous l’Occupation : Martigues, 1939-1945, Centre de Développement Artistique et Culturel, Martigues, 1986.


1ere version dans Le Maitron : 21 février 2021.

2e version : 17 décembre 2023.

3e version : 14 avril 2026.



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Passionné d'histoire, j'ai collaboré pendant plusieurs années au Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - mouvement social.

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