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SOUSTELLE Germain, Oswald

  • Renaud Poulain-Argiolas
  • 28 mars
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 1 avr.

[Cette biographie s'inspire d'un texte non signé dans Le Maitron en ligne. Je l'ai complété, en mettant en gras mes propres apports pour pouvoir les distinguer.]


Né le 8 février 1896 aux Salles-du-Gardon (Gard), mort le 24 avril 1967 aux Salles-du-Gardon ; mineur à La Grand’Combe (Gard) ; syndicaliste CGT ; militant socialiste SFIO ; maire de La Grand’Combe (1935-1941 – révoqué – puis 1947-1965) ; conseiller général du canton de La Grand’Combe (1928-1940, 1951-1964).


Germain Soustelle vers le début des années 1960
Germain Soustelle vers le début des années 1960

Le père de Germain Soustelle était Théodore Soustelle, cantonnier natif de Lamelouze, situé à une douzaine de kilomètres des Salles-du-Gardon. Sa mère, Joséphine Bardès, native des Salles, était sans profession et accoucha de onze enfants. Deux de ces derniers moururent en bas âge.


Bien qu’il fît partie de la classe 1916, Germain Soustelle fut appelé au combat en avril 1915 dans le 99e régiment d’infanterie. Sa fiche de matricule le décrit comme un jeune homme de 1,59 m, cheveux blonds, yeux marron, front large, nez droit et visage rond. Il était actif dans le 414e régiment lorsqu’il fut blessé à la main à Craonne le 25 mai 1917. Une nouvelle blessure par balle au mollet et une intoxication au gaz moutarde le 10 octobre 1918  lui vaudront des hospitalisations répétées à Paris, Alès, Nîmes et Marseille jusqu’en 1920. Il fut cité à l’ordre du corps d’armée d’une façon particulièrement élogieuse : « Fusilier mitrailleur d’élite, ayant le plus complet mépris du danger le 29.5.1918, n’ayant plus de pourvoyeur, s’est ravitaillé malgré les rafales de mitrailleuses ennemies a résisté sur son emplacement à toutes les attaques successives (...) jusqu’à épuisement complet des munitions et après avoir mis hors de combats un grand nombre d’assaillants. » Reconnu comme invalide du fait de ses blessures, il sera pensionné, décoré de la Croix de guerre et de la médaille militaire.


Il se maria le 6 mars 1920 aux Salles avec Marthe Favède, originaire des Salles comme lui. Le couple aura quatre enfants.


Ouvrier à la Compagnie des mines de La Grand’Combe (Gard), Germain Soustelle refusa, comme beaucoup de ses camarades, de passer au nouveau syndicat CGTU et entra au conseil syndical de l’organisation CGT qui se reconstitua après la scission de 1922.


Il devint en 1928 conseiller général SFIO du canton de La Grand’Combe. Lors des cantonales d'octobre 1934, Paul Artigues (responsable communiste du Gard) et Charles Plantier (maire communiste de Canaules) firent campagne pour Soustelle au 2e tour pour appliquer les règles du pacte d’unité d’action conclu entre socialistes et communistes. Le Cri du Gard, organe hebdomadaire du Parti communiste, déplora toutefois peu après qu’aucune alliance n’ait pu être conclue sur la question du soutien à l’URSS (au nom du combat pour la paix) ni ne se soit traduite dans les faits sur la solidarité avec les républicains espagnols. Soustelle fut réélu conseiller général et le restera jusqu’en 1940. En mai 1935, il gagna la mairie de La Grand’Combe. Le 11 novembre, il y dirigea la cérémonie de commémoration de la Première guerre mondiale. D’après l'hebdomadaire communiste Le Cri du Gard, plus de mille travailleurs se tenaient derrière les bannières du Front populaire, formant le plus beau cortège qu’on ait pu voir jusque là dans la commune.


C'est probablement lui le Soustelle qui se présenta aux législatives de 1936 dans la 2e circonscription d'Alès, fut gratifié de 4 188 voix sur 15 015 suffrages exprimés au premier tour et se désista au second tour en faveur du communiste Fernand Valat pour battre De Ramel, le député de droite sortant. Le 31 juillet 1937, il s’exprima à l’occasion d’une réunion organisée à La Grand’Combe par le comité de coordination de la SFIO et du PCF pour commémorer la signature du pacte d’unité d’action et l’anniversaire de l’assassinat de Jean Jaurès. Paul Artigues, secrétaire de la section communiste, intervint à cette occasion.


En 1940, Germain Soustelle se rallia officiellement à la politique du maréchal Pétain. Néanmoins le préfet du Gard, Angelo Chiappe, qui le suspectait de ménager le PCF, le révoqua en 1941. Si le communiste Roger Rouvière, président du comité local de Libération, fut le premier maire élu de La Grand’Combe en 1945, Soustelle retrouva ces fonctions en 1947 et les exercera encore jusqu’en 1965.


Il fut réinvesti au poste de conseiller général en 1951 à la suite du député communiste Gabriel Roucaute et continuellement réélu jusqu’en mars 1964, où il fut défait par un autre communiste, Jean Delpuech. En 1963, il était domicilié au 8 rue Sainte-Barbe à La Grand’Combe.


Sources : Arch. Dép. Gard, État civil des Salles-du-Gardon, Naissances 1896, Acte n°6, 5 E 7157 ; Matricules militaires, classe 1916, matricule 204, 1 R 1051. — Le Cri du Gard, 2 février 1935, 16 novembre 1935, 2 mai 1936, 7 août 1937 (BNF-Gallica). — L’Émancipateur. — Le Monde, 26 avril 1967. — Armand Cosson, « La francisque et l'écharpe tricolore : Vichy et le pouvoir municipal en Bas-Languedoc », in « Les années quarante dans le Midi », Annales du Midi, année 1992, tome 104, n°199-200, pp. 281-310 (en ligne sur persee.fr). — Généanet, Arbre généalogique de Chantal Buisson. — Généawiki, Canton de La Grand’Combe. — Site de la mairie de La Grand’Combe.


Iconographie : Mairie de La Grand'Combe [Laurent Aiglon, adjoint à la Culture].


2e version complétée par moi : 28 Mars 2026.

3e version : 31 mars 2026.

4e version : 1er avril 2026.


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Passionné d'histoire, j'ai collaboré pendant plusieurs années au Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - mouvement social.

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