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ROUVIÈRE Roger, Paul

  • Renaud Poulain-Argiolas
  • 1 avr.
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 1 mai

Né le 11 juillet 1897 à La Grand’Combe (Gard), mort le 13 janvier 1964 aux Salles-du-Gardon (Gard) ; ajusteur ; militant communiste du Gard ; président du comité local de libération de La Grand'Combe ; maire de La Grand'Combe (1945-1947) ; interné.


Roger Rouvière dans Le Provençal en juillet 1947
Roger Rouvière dans Le Provençal en juillet 1947

Fils d’un couple de Cévenols, Roger Rouvière vit le jour à La Clède, un hameau de La Grand’Combe dans lequel vivaient ses parents. Ceux-ci étaient Paul Rouvière, cordonnier né à Cassagnas (Lozère), et Sara Layre, sans profession, native de Portes (Gard). En 1916, ils étaient domiciliés au n°3 du boulevard Talabot à La Grand’Combe.


Bien qu’elle néglige de mentionner sa taille, la fiche de matricule militaire de Roger Rouvière le décrit ainsi : cheveux blond foncé, yeux châtains, front large, nez rectiligne, visage rond. Ajusteur, il savait lire, écrire et compter, ce qui le plaçait au-dessus de la moyenne de ses camarades. En janvier 1916, il était mobilisé pour la Première guerre mondiale et incorporé au 58e régiment d’infanterie. D’après les sites d’histoire militaire, sa formation assura jusqu’à fin mars la défense de Reims (Marne) dans les sous-secteurs de la route de Cernay et de la Butte de Tir. L’endroit était calme, bien organisé et sans grand danger. Les soldats eurent droit à quelques jours de repos et d’instruction à Champfleury, au sud de Reims, avant d’être déplacés à Sillery, à une dizaine de kilomètres plus à l’est, où il restèrent d’avril à juin. Au Bois des Zouaves, les obus et les torpilles les éprouvèrent particulièrement. Après une halte à Ville-en-Tardenois, le régiment passa par Fismes, Revigny, à plus de 120 km au sud ouest, s’enfonçant dans l’Argonne, région constituée de forêts et d’étangs. Les affrontements incessants à la grenade et la guerre des mines y firent un grand nombre de morts ensevelis dans les deux camps. Le 21 juin, le régiment fut transporté en auto par la "Voie sacrée" pour arriver à Verdun et combattre sur l’ouvrage de Froideterre. En moins de deux mois, les pertes du 58e RI s’élevèrent à 134 tués dont 4 officiers, 422 blessés et 5 disparus.


Boyau près de Juvincourt, novembre 1917 (La Contemporaine)
Boyau près de Juvincourt, novembre 1917 (La Contemporaine)

Roger Rouvière passa en octobre 1916 au 131e régiment d’infanterie, qui dût tenir sous un déluge de feu allemand dans la Somme. Mais il allait bientôt être classé au service auxiliaire : le 28 avril 1917, il était blessé par un éclat d’obus qui lui perfora le thorax devant Juvincourt (Aisne). Ce village sera considéré comme détruit à la fin de la guerre. Le blessé fut évacué le lendemain par ambulance de Liancourt (Oise) et successivement hospitalisé à Montigny, Paris et Argenteuil, avant d’être déclaré définitivement inapte aux armées en janvier 1918 par la commission de réforme d’Orléans. Le mois suivant, on le détacha aux mines de La Grand’Combe. En octobre, il fut transféré au 4e régiment de tirailleurs et maintenu réformé temporairement n°1. Un arrêté ministériel lui attribua une pension permanente d’invalidité à partir de janvier 1922 pour présence d’éclat d’obus intra-hépatique et intra-thoracique.


Rouvière se maria à La Grand'Combe le 22 novembre 1923 avec Fernande Michel, native de Saint-Florent, village situé à une quinzaine de kilomètres.


Le 4 mars 1935, dans le cadre du front unique contre le fascisme, un Comité de coordination se constitua à La Grand'Combe grâce aux efforts de la section socialiste et des deux cellules communistes. Quelques mois plus tôt, l’Unité d’action conclue entre communistes et socialistes avait abouti à la victoire du socialiste Germain Soustelle aux élections cantonales. Un Rouvière (vraisemblablement le même) était présent au siège de la section socialiste avec quatre de ses camarades pour représenter le PCF. Les autres étaient Artigues, Bonijol, Arnaud (probablement Jules Arnaud) et Gabriel Vital. Six personnes – dont Soustelle – y représentaient la SFIO. Georges Vital était là pour la CGTU.


Pendant la cérémonie de commémoration de la Première guerre mondiale à La Grand’Combe, menée par Germain Soustelle le 11 novembre 1935, Rouvière représentait le Parti communiste aux côtés d’Artigues. D’après Le Cri du Gard, hebdomadaire du PCF, le cortège qui se tenait derrière les bannières du Front populaire cette année-là, fort de plus de mille travailleurs, était le plus beau qu’on eût jamais aperçu dans la commune.


Plaque commémorative du centenaire de la commune devant la mairie de La Grand'Combe (photo Laurent Aiglon, avril 2026)
Plaque commémorative du centenaire de la commune devant la mairie de La Grand'Combe (photo Laurent Aiglon, avril 2026)

En décembre 1938, Roger Rouvière était classé affecté spécial à la Compagnie houillère de la Grand’Combe et en qualité d’ajusteur. Il fut interné politique par le gouvernement de Vichy. En 1944, il était le président du comité local de libération de La Grand’Combe. Les élections municipales du printemps 1945 le firent accéder par les urnes à la tête de la municipalité. En 1947, à l’occasion du centenaire de la commune, il était président d’honneur du "Comité des Fêtes du Centenaire". Après les municipales qui eurent lieu la même année, c’est Germain Soustelle qui lui succéda aux fonctions de maire.


Sources : Arch. Dép. Gard, État civil de La Grand’Combe, Naissances 1895-1897, Acte n°241 (1897), 5 E 7142 ; Mariages 1923-1932, Acte n°65, 5 E 7466 ; Registres matricules, Classe 1917, matricule 828, 1 R 1063. — SHD, Caen AC 21 P 660166 (nc). — Notice Soleils rouges de SOUSTELLE Germain par Renaud Poulain-Argiolas. — Le Cri du Gard, 9 mars 1935, 16 novembre 1935 (BNF-Gallica). — Propos recueillis auprès de Laurent Aiglon (adjoint à la culture de La Grand’Combe), avril 2026. — Site Mémorial des régiments d’infanterie de la Grande guerre, 58e RI ; 131e RI. — Généanet, Généalogie des familles Chanson, Gervais et collatéraux.


Iconographie : Le Provençal, 7 juillet 1947 (photographie en 1ere page). — La Contemporaine. — Cliché de Laurent Aiglon.


1ere version : 1er avril 2026.

2e version : 2 avril 2026.

3e version : 4 avril 2026.

4e version : 30 avril 2026.

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Passionné d'histoire, j'ai collaboré pendant plusieurs années au Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - mouvement social.

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