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BUONAMINI Louis, Joseph [né BUONAMINI Luigi, Giuseppe]

  • Renaud Poulain-Argiolas
  • 23 nov. 2023
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 1 jour

Né le 14 mars 1913 à Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône), mort le 25 novembre 1984 à Port-de-Bouc ; docker, puis chanfreineur ; militant communiste de Port-de-Bouc.


Luigi Buonamini était l’avant-dernier enfant d’une fratrie de six (trois filles et trois garçons). Leurs parents, Oreste Buonamini, journalier riveur aux Chantiers et Ateliers de Provence de Port-de-Bouc, et Giovanna dite "Jeanne" Biondi, étaient originaires de Toscane (Italie). D’après le recensement de l’année 1911, la famille Buonamini était établie à cette époque dans le quartier de la Lèque au 21 rue Marceau. Le foyer qui comptait Orsolina ("Ursule") née en 1904, Silvaine née en 1906, Varo né en 1908, Achille né en 1910 – allait bientôt s’élargir avec l’arrivée de Luigi, puis de Magdeleine en 1917.


Ses frères Varo Buonamini et Achille Buonamini auront des trajectoires militantes liées au Parti communiste.

Il devint français le 3 décembre 1932 en se déclarant volontaire aux opérations de recrutement de l’armée. Membre de la classe 1933, il fut ajourné par le conseil de révision des Bouches-du-Rhône en avril de la même année. Il réalisa par la suite un an de service actif à Nîmes au 15e BOA d’avril 1935 à mai 1936. Lors du conflit avec l’Allemagne, il fut mobilisé au 715e COA, unité rattachée à l’armée des Alpes, et ne fut pas impliqué dans les opérations militaires.


Le 27 janvier 1942, le préfet des Bouches-du-Rhône écrivit au ministère de la Justice pour lancer une procédure de dénaturalisation contre Buonamini selon les dispositions de la loi du 22 juillet 1940. Elle visait notamment à persécuter les communistes au nom de la "Révolution nationale" menée par le gouvernement de Vichy. Les différentes pièces du dossier qui sera constitué dans les mois suivants le disent célibataire, docker à la Compagnie des Dragues à Port-de-Bouc, « extrémiste », « militant communiste », et vivant au 86 rue Marceau depuis sa naissance.


Un rapport de gendarmerie du 30 avril 1942 le qualifie de "meneur actif de l’ex-parti communiste" pour la période allant de 1936 jusqu’à l’interdiction de l’organisation. Vendant les journaux l’Humanité et l’Avant-garde, il avait, selon les autorités, "participé à toutes les grèves", dans lesquelles "il s’est fait remarquer par sa violence" et "en était un instigateur". Tenu pour "indésirable", opposé au gouvernement de Vichy et "susceptible de participer à la reconstitution du Parti dissous", il semblait d’autant plus inquiéter les autorités qu’à vingt-trois ans il aurait "adhéré au parti communiste par conviction et non par entraînement", fréquentait toujours "les ex-communistes notoires encore en liberté, ou ayant fait l’objet de propositions d’internement", ainsi que "L’Amical Bar", taxé de "mal famé", "qui [venait] de réouvrir après être resté fermé pendant trois mois par décision préfectorale." 


Louis Buonamini fut dénaturalisé le 2 septembre 1942 (annonce au JO le 8 septembre). Quelque temps plus tôt, son frère Achille avait subi le même sort pour son engagement communiste. En février 1943, Louis était chanfreineur et signa au commissariat de Port-de-Bouc le procès-verbal stipulant qu’il perdait la nationalité française. Le 17 avril 1943, il se mariait dans la commune avec Simone Lucchesi.


Dans ses souvenirs le résistant port-de-boucain Joseph Brando raconte que Buonamini fut arrêté avec des membres des Jeunesses communistes et torturé par le commissaire spécial Aufer, chargé de l'arrestation des communistes. Il fut emprisonné sur le bateau Le Providence et relâché en raison de son état de santé. Après sa dénaturalisation, il s’était retrouvé sans travail. Réfugié à Toulouse peu avant la Libération, il reconnut Aufer et le dénonça aux autorités. La police manifesta peu d'enthousiasme à l'idée d'arrêter ce dernier. Buonamini proposa donc de se menotter avec lui. L’idée fut acceptée. De cette façon il aurait ramené son bourreau jusqu'à Port-de-Bouc, où, dit Brando sans plus de précisions, « le traître fut jugé et pendu » à un arbre du Monument aux morts de la Lèque.


Louis Buonamini retrouva la nationalité française après l’abrogation de la loi de dénaturalisation appliquée par Vichy, le 24 mai 1944, par le Comité français de libération nationale. Il divorça en mai 1948. On ignore s’il était encore engagé politiquement après la guerre.


Sources : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, État civil de Port-de-Bouc, Naissances 1913, Acte n°20, 202 E 1318 ; Recensement de la population de Port-de-Bouc, 1911, 6 M 453. — Archives nationales en ligne, BB/27/1422-BB/27/1445 (dénaturalisés de Vichy : lettres A à C). — Joseph Brando, Notes d'histoire vécue à Port-de-Bouc durant l'occupation allemande de 1940 à 1945 (non publié, sans date). — Site Match ID, Acte n°128, Source INSEE : fichier 1984, ligne n°46877.


2e version : 22 décembre 2023.

3e version : 16 avril 2026.

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Passionné d'histoire, j'ai collaboré pendant plusieurs années au Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - mouvement social.

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