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TRÉVANT Marius

  • Renaud Poulain-Argiolas
  • 28 juin
  • 2 min de lecture

[Cette biographie s'inspire d'un texte originellement écrit par René Bianco. Je l'ai complété, en mettant en gras mes propres apports pour pouvoir les distinguer.]


vers 1879 à Arles (Bouches-du-Rhône) ; militant anarchiste illégaliste des Bouches-du-Rhône.


Marius Trévant militait dans le groupe anarchiste d’Arles, comme les frères Joseph, Vincent et Étienne Gautier. À l’occasion des élections législatives du printemps 1910, il fut candidat abstentionniste dans sa commune. Dans le département il y eut d’autres candidats abstentionnistes lors du même scrutin : Jean Petiot à Aix-en-Provence, Gaëtan Antonsanti, Paul Barrier, Gustave Cauvin et Alexis Girard à Marseille.


Par la suite, Trevant fit partie du groupe d’illégalistes formé par le groupe arlésien qui se spécialisa comme dévaliseurs de trains de marchandises. D’après Ludovic Pradier qui en était alors membre, « des compagnons se glissaient dans les trains de marchandises en gare de Tarascon et choisissaient leur butin, lequel était ensuite jeté sur le talus à un endroit choisi à l’avance… Les colis étaient récupérés par d’autres compagnons qui attendaient avec une charrette ». Une fois le produit de leur vol revendu, l’argent récolté servait presque exclusivement à la propagande. Les compagnons gardaient pour eux juste l’équivalent de leurs journées de travail perdues.


Au terme de mois d’enquête, plusieurs membres du groupe furent appréhendés. Le 5 mars 1912, Trévant comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Tarascon avec son frère Charles-Antoine, Véran Guigue, un des frères Gautier et deux autres militants du groupe. Ils étaient accusés d’avoir volé des marchandises dans les trains de la Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée. Marius Trévant fut condamné à 3 ans de prison et 5 ans d’interdiction de séjour. Paul Pradelle écopa de 3 ans de détention, Véran Guigue de 2 ans, Vincent Gautier d’1 an et Louis Breysse de 8 mois.


En juillet 1913, il était de nouveau jugé avec des membres du groupe d’Arles par la 4e chambre de la cour d’appel d’Aix-en-Provence pour des vols commis dans les gares d’Alès, de Nîmes et d’Arles. Peut-être pour faire sensation, Le Petit Marseillais affirma que la bande avait précédemment eu pour chef Étienne Monier dit Simentoff, « l’un des lieutenants de Bonnot, exécuté récemment. » Les frères Trévant et Véran Guigue furent sanctionnés par 4 mois de privation de liberté, Pradelle par 8 mois, Paul Gilles 3 mois. Bonneton et Poircy furent acquittés. 


Il semble qu’il prît part aux activités du groupe anarchiste arlésien en 1913, qui était adhérent à la Fédération communiste anarchiste (FCA). En plus de son frère Charles, il y fréquentait encore les frères Joseph, Étienne et Vincent Gautier, Paul Gilles, Paul Pradelle, Cheylan et Véran Guigue.


En mars 1917, Marius Trévant fut arrêté une nouvelle fois par la police mobile à Arles. Un article du Matin le disait âgé de 37 ans, réformé, originaire de l’Aude et « chef d’une bande de malfaiteur qui terrorisait toute la région. » Ses complices – deux femmes et un ouvrier ferblantier nommé Mouton – avaient également été arrêtés.


Sources : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, M6/10810, IIM3/47. Le Petit Marseillais, 19 juillet 1913 (Retronews). — Le Matin, 11 mars 1917. — René Bianco, Le Mouvement anarchiste à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône de 1880 à 1914, CIRA, Marseille, 1978.


2e version complétée par moi : 28 juin 2026.

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Passionné d'histoire, j'ai collaboré pendant plusieurs années au Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - mouvement social.

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