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GAUTIER Vincent, Eugène

  • Renaud Poulain-Argiolas
  • 28 juin
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 28 juin

Né le 31 juillet 1892 à Arles (Bouches-du-Rhône) ; scieur à la mécanique, puis agriculteur  ; militant anarchiste d’Arles.


Vincent Gautier naquit à Arles dans un mas du quartier du pont de Chamet, où vivaient ses parents, Guillaume Gautier, cultivateur, et Joséphine Guiramand, sans profession. Il avait deux frères aînés : Étienne et Joseph, qui avaient onze et huit ans de plus que lui.


En 1907, les frères Gautier fréquentaient le groupe anarchiste d’Arles. Vincent avait alors quinze ans. Sa fiche de matricule militaire, sans doute remplie en 1912, mentionne qu’il mesurait 1,71 m, avait des cheveux et des yeux chat clair, un front haut, un nez rectligne et un visage ovale. Déclaré bon absent la mêma année, il fut omis du service militaire. Il était alors scieur à la mécanique et domicilié à Bordeaux (Gironde).


Le tribunal correctionnel de Tarascon jugea Vincent Gautier – ou son frère Joseph, voire les deux – et d’autres anarchistes le 5 mars 1912 pour « pillages de marchandises dans les trains ». Les marchandises étaient revendues pour alimenter la caisse de propagande. Parmi les co-accusés il y avait plusieurs compagnons des frères Gautier : Marius Trévant, Paul Pradelle, Véran Guigue et Louis Breysse. Gautier écopa d’un an de prison, Trévant et Pradelle de 3 ans, Guigue de 2 ans et Breysse de 8 mois.


En 1913, Vincent Gautier était à nouveau actif dans le groupe anarchiste d’Arles, qui était affilié à la Fédération communiste anarchiste (FCA). Les frères Marius et Charles Trévant, Paul Gilles, Paul Pradelle et Cheylan en faisaient aussi partie.


En 1914, il vivait en Amérique du Sud et travaillait vraisemblablement comme agriculteur. Il se maria le 23 mai 1914 à Garupa, dans la province de Misiones (Argentine) avec Ramona Gauna. Ils eurent un fils, Pablo, né à Profundidad, l’année suivante.


Gautier fut mobilisé dans la Première guerre mondiale en 1916. Incorporé le 24 décembre au 12e régiment d’infanterie, il dût combattre à Verdun (Meuse). Il passa le 10 février 1917 au 18e régiment d’infanterie qui participa à l’offensive Nivelle au Chemin des Dames, puis en mai à la reprise meurtrière du plateau de Californie. Après que les soldats apprirent qu’ils devaient remonter au Chemin des Dames, ils organisèrent des actions collectives de désobéissance. Trois soldats, condamnés par le conseil de guerre, furent fusillés le 12 juin à Maizy (Aisne). Gautier fut affecté au 162e régiment d’infanterie le 20 septembre 1917. Huit mois plus tard, le 14 mai 1918, on le déclarait déserteur.


On perd la trace de ses engagements par la suite.


Sources : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, État civil d'Arles, Naissances 1892, Acte n°308, 203 E 1505. — Arch. Dép. Gironde, Recensement militaire, Classe 1916, matricule 5517, 1 R 1591. — Notice Maitron de TRÉVANT Marius par René Bianco. — Notice GAUTHIER Étienne dans le Dictionnaire international des militants anarchistes. — Site Chemin des Dames, Historique du 18e régiment d’infanterie. — Site Généanet, Arbre généalogique de Javier Alberto Gautier.


Version au 28 juin 2026.

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Passionné d'histoire, j'ai collaboré pendant plusieurs années au Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - mouvement social.

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