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SOUSTELLE Fernand, Albin

  • Renaud Poulain-Argiolas
  • 30 mars
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 1 jour

[Cette biographie s'inspire d'un texte non signé dans Le Maitron en ligne. Je l'ai complété, en mettant en gras mes propres apports pour pouvoir les distinguer.]


Né le 17 janvier 1898 à Saint-Frézal-de-Ventalon (Lozère), mort le 3 janvier 1985 à Saint-Frézal-de-Ventalon ; cultivateur, traminot, puis cafetier épicier ; militant communiste de la Lozère ; syndicaliste paysan, trésorier du syndicat CGPT (Confédération générale des paysans travailleurs) de Saint-Frézal, puis membre du MODEF (Mouvement de défense des exploitants familiaux) ; conseiller municipal, puis maire de Saint-Frézal [nommé par le préfet en août 1944] ; résistant.


Fernand Soustelle en 1937
Fernand Soustelle en 1937

Fernand Soustelle était né à La Cure, hameau de Saint-Frézal-de-Ventalon, au domicile de ses parents. Ceux-ci étaient un couple de cultivateurs : Odilon Soustelle, natif de Saint-Frézal et Sylvie Ribot, originaire de Saint-Julien-des-Points, village situé à 24 km. Il était le benjamin d’une fratrie de sept enfants qui comprenait avant lui : Émile, Edmond, Paul, Gaston, Arthur et Nancy. Fernand avait donc vingt-deux ans de moins que leur aîné. Il fut cultivateur comme son père.


Il ne doit pas être confondu avec son homonyme le cheminot gardois Fernand Soustelle. 


De mémoire familiale, Fernand Soustelle adhéra au Parti communiste en mars 1921.

Le 24 février 1923, il se maria à Saint-Frézal avec Ilda Fort. Le couple, n'arrivant plus à gagner sa vie de la terre, s'installa à Marseille, vivant en union libre. Fernand y travailla comme conducteur de tramway et Marguerite comme bonne à tout faire chez des nobles italiens. C'est à Marseille qu'ils eurent leur fils unique, Yves. Ils se marièrent après la naissance de ce dernier avant de revenir à Saint-Frézal.


Le "Café Soustelle" à Saint-Frézal-de-Ventalon (carte postale ancienne). On peut voir à gauche Fernand Soustelle tirant un charreton, au premier plan à droite son fils Yves avec son chien, au centre sa femme Ilda avec deux petites Polonaises. [photo fournie par Odette Fort]
Le "Café Soustelle" à Saint-Frézal-de-Ventalon (carte postale ancienne). On peut voir à gauche Fernand Soustelle tirant un charreton, au premier plan à droite son fils Yves avec son chien, au centre sa femme Ilda avec deux petites Polonaises. [photo fournie par Odette Fort]

Élu au conseil municipal, Soustelle y siégeait le 14 juin 1936 quand celle-ci vota sa proposition de supprimer les journées de prestation, système jugé "périmé", et de les remplacer par l’établissement de la taxe vinicole, estimée "plus démocratique" parce qu’elle reposait sur les contributions payées. Il participa le 21 février 1937, à la mairie de Saint-Frézal, à la réunion de création du syndicat des petits paysans de Saint-Frézal. Celui-ci était affilié à la CGPT (Confédération générale des paysans travailleurs), présidée à l’échelle nationale par le député Renaud-Jean. Un bureau fut constitué pour l’année en cours. Fernand Soustelle en était le trésorier, Émile Soustelle (s’agit-il du frère de Fernand ?) le président, Théophile Teissier (maire de Saint-Frézal) le vice-président, Louis Martin fils le secrétaire, Roger Saix le secrétaire adjoint, Aimé Fihol le trésorier adjoint et Paul Chahol l’archiviste. Les paysans du village étaient venus nombreux à la réunion. L’hebdomadaire communiste Le Cri du Gard rapporte que 43 d’entre eux adhérèrent au syndicat, soit la quasi-totalité des paysans de la localité.


Soustelle fut présenté par son parti à l’élection du conseil général dans le canton du Pont-de-Montvert d’octobre 1937. La région communiste du Gard-Lozère organisa une tournée de réunions publiques pour ses candidats. Il intervint à deux reprises dans la soirée du 28 septembre : au Pont-de-Montvert, puis à Vialas, toujours aux côtés de Fernand Corbier, maire de La Vernarède, et de Roger Roux, membre du bureau régional du PCF. Le cultivateur fera un score de 131 voix contre le radical Pardel, qui sera lui gratifié de 484 voix.


Carte publiée Causses et Cévennes, N°4, 1980 (voir sources)
Carte publiée Causses et Cévennes, N°4, 1980 (voir sources)

Dans un article publié dans la revue Causses et Cévennes en 1980, l’historien Jacques Poujol évoquait le rôle de Fernand Soustelle dans la constitution de maquis FTP. Dans la Vallée Longue (qui va de Florac à Alès en passant par Saint-Privat-de-Vallongue et Saint-Frézal), Charles Pantel, ouvrier électricien, et Soustelle, tous deux responsables légaux du Parti communiste clandestin, collaborèrent avec Jean Huc, percepteur du Collet-de-Dèze, pour mettre en place les camps de Figuerolles et du Crespin, destinés aux réfractaires au STO, en juillet et septembre 1943. Dans un autre numéro de la même revue, un ancien FTP surnommé « Jean », qui disait avoir été un des deux premiers habitants du Crespin, précisait : « Le site du Crespin avait été prévu par Léon et Yvonne Guin, qui étaient les seuls habitants du Tronc et les plus proches voisins du Crespin, par Fernand Soustelle, qui avait une petite épicerie-bureau de tabac à Saint-Frézal, et par le chef de gare de Saint-Frézal (…), un garçon nommé Raymond Brès. »

Le café que tenaient Fernand Soustelle et son épouse s’appelait le Café du Progrès.


Le 30 août 1944, le préfet Henri Cordesse nommait le militant maire de Saint-Frézal et le chargeait d’administrer sa commune "dans le cadre des dispositions de la loi de 1884, assisté du comité local de Libération". Il l’invitait à se mettre en contact au plus tôt avec son prédécesseur qui, ayant été informé par le préfet, devait remettre à Soustelle tous les documents municipaux en sa possession.


Après la guerre, Fernand Soustelle était toujours membre du Parti communiste. Il le restera d’ailleurs jusqu’à la fin de sa vie. Il était abonné à la revue Études soviétiques. En dehors de son engagement militant, il était, tout comme sa femme, passionné d’opérettes. Soustelle fut membre du MODEF (Mouvement de défense des exploitants familiaux), syndicat agricole progressiste créé en 1959 pour constituer une alternative au modèle productiviste défendu par la FNSEA.


Son fils Yves Soustelle, mineur puis permanent du PCF, eut des responsabilités importantes dans les fédérations communistes du Gard et de la Lozère. Il fut également un acteur central à Nîmes et à Sète de l’accès aux vacances des enfants des classes populaires.


Un Paul Soustelle était conseiller municipal dans la commune à l’époque où Fernand était en fonction. Compte tenu du fait que plusieurs Paul Soustelle vivaient dans le village à la même période, il n’est pas certain qu’il s’agisse de son frère.


Sources : Arch. Dép. Lozère, État civil de Saint-Frézal-de-Ventalon, 1898, Acte n°2, 4 E 152/10 (avec mentions marginales). Archives familiales. — Le Cri du Gard, organe régional hebdomadaire du Parti communiste, 26 juin 1936, 27 février 1937, 25 septembre 1937, 2 octobre 1937 [photographie], 9 octobre 1937, 23 octobre 1937 (BNF-Gallica). — La Voix paysanne, 6 mars 1937 (Retronews).Causses et Cévennes, revue trimestrielle du club cévenol, Jacques Poujol, "Histoire abrégée des maquis cévenols (1943-1944)", 85e année, N°4, 1980, Anduze, p. 232, 239 ; "Jean" dit du Crespin, des Bouzèdes et autres lieux, "Courrier des lecteurs", 89e année, N°1, 1984, p. 156 (Memonum Médiathèques Montpellier / Bibliothèque Carré d’Art Nîmes). — Propos recueillis auprès de Jeanny et Françoise Soustelle (avril 2026). — Site Généanet, arbres généalogiques de Gilles Pougnet et d’Odette Thérèse Fort.


2e version complétée par moi : 30 mars 2026.

3e version : 3 avril 2026.

4e version : 7 avril 2026.



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Passionné d'histoire, j'ai collaboré pendant plusieurs années au Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - mouvement social.

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