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PASTOUREL Sauveur, Charles, Louis

  • Renaud Poulain-Argiolas
  • 12 déc. 2023
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 13 avr.

Né le 1er mai 1904 à Martigues (Bouches-du-Rhône), mort le 14 juin 1988 à Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône) ; soudeur ; militant communiste de Port-de-Bouc, secrétaire de la section du PCF avant la guerre ; syndicaliste CGT ; à la Libération, directeur des Chantiers et Ateliers de Provence, puis secrétaire du comité d’entreprise en 1949 ; résistant du Front national de lutte pour la libération ; interné.



Sauveur Pastourel [cimetière de Port-de-Bouc]
Sauveur Pastourel [cimetière de Port-de-Bouc]

Sauveur Pastourel était le fils de Sauveur Thimoléon Pastourel, cocher, né à Fos-sur-Mer, et de Thérèse Escavis, sans profession, native de Martigues. Une annonce parue dans Le Petit Marseillais en 1901 avait annoncé la vente par Sauveur Pastourel père et Marius Pastourel, père de celui-ci, d’un fonds de commerce de messager exploité à Martigues. En 1906, la famille vivait rue du Figuer à Martigues. Le père était postillon pour un certain Roux. Sauveur avait deux sœurs aînées, Désirée et Marie nées en 1898 et 1901.  


En mai 1924, Sauveur Pastourel fit son service militaire dans le 35e régiment d’infanterie, situé à Belfort. Sa fiche de matricule le décrit comme un homme mesurant 1,66 m, aux cheveux châtain clair, aux yeux marron, au visage rond et au nez droit. Renvoyé dans ses foyers en novembre 1925, on lui accorda un certificat de bonne conduite. Le 26 décembre 1929, il se mariait avec la Port-de-Boucaine Louise Fidani.


En février 1935, il était domicilié au 34 cité Lafarge à Fos-sur-Mer. On peut en déduire qu’il était employé par la firme cimentière. En octobre 1937, il avait déménagé au 4 rue Suffren à Port-de-Bouc, travaillant avant la guerre aux Chantiers et Ateliers de Provence (CAP). Secrétaire de la section communiste de Port-de-Bouc et membre de la CGT, il participa à la grève du 30 novembre 1938 contre les décrets-lois de Paul Reynaud, qui remettaient en question la semaine de 40 heures et augmentant les impôts. L’entreprise « lock-outa » les travailleurs et licencia les meneurs dont Pastourel. Il fut classé affecté spécial au chantier naval le 19 septembre 1939 en qualité de soudeur électrique, puis rappelé par l’armée le 25 septembre, avant d’être réformé le 18 octobre pour raisons médicales par la commission de réforme de Toulon.


Suite à la dissolution du PCF et à la traque des militants organisée par le gouvernement de Vichy, le parti était littéralement démembré. Mi-janvier 1941, Pastourel prit l’initiative d’organiser une réunion secrète au quartier Saint-Jean, chez Jean Nunez. Parmi les communistes présents, en plus de leur hôte, étaient présents Charles Scarpelli, à qui allait échoir le secrétariat de la section locale ; Louis Vallauri, qui allait faire partie des fondateurs du journal communiste La Marseillaise, François Caparros, chargé de reconstituer les Jeunesses communistes ; et John Vella. Les hommes discutèrent des moyens de recréer le parti clandestinement. La police vichyste utilisait néanmoins une liste de communistes et de syndicalistes repérés avant la guerre. Pastourel étant un militant déjà ancien, son nom était connu. Il fut arrêté le 12 février 1941. Le même jour la police arrêtait également Louis Barsotti, un des membres du premier triangle clandestin des Jeunesses communistes de François Caparros. Il fut interné à Saint-Paul-d’Eyjeaux jusqu’en mai 1943, puis mis en résidence surveillée jusqu’à la Libération.


Après la guerre, Sauveur Pastourel était de retour aux CAP. L’entreprise fut réquisitionnée par l’État à la Libération sur ordre du commissaire de la République Raymond Aubrac. Pastourel en devint le directeur, puis le secrétaire du comité d’entreprise en mai 1949. D’après l’historien Jean Domenichino, on l’aurait désigné en raison de son passé de résistant et pour son caractère moins tranché que celui de « Zè » Nunez, son prédécesseur, qui devint alors secrétaire du syndicat. Le choix de Pastourel aurait été motivé par une volonté de discussion et de négociation.


Sauveur Pastourel fut homologué membre de la Résistance intérieure française au titre du mouvement Front national.


Il est enterré au cimetière communal de Port-de-Bouc aux côtés de son épouse.


Sources : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, État civil de Martigues, Naissances 1904, Acte n°48, 202 E 1254 ; Recensement de la population de Martigues, 1906, 6 M 413 ; Recensement militaire, Classe 1924, Matricule 4647. — SHD, Vincennes, GR 16 P 460190 (nc). — Le Petit Marseillais, 10 juin 1901. — Jean Domenichino, Une ville en chantiers : La construction navale à Port-de-Bouc, 1900-1966, Edisud, 1989 (pp. 174-175, 184, 222-223, 240). — Roland Joly, Antoine ou la passion de Port-de-Bouc, Éditions des Fédérés, 2016 (p. 69). — Site Match ID, Acte n°55, Source INSEE : fichier 1988, ligne n°45846. — Cimetière de Port-de-Bouc.


2e version : 13 avril 2026. 

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Passionné d'histoire, j'ai collaboré pendant plusieurs années au Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - mouvement social.

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