GUIGUE César, Joseph
- Renaud Poulain-Argiolas
- 5 janv.
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Dernière mise à jour : 6 janv.
Né le 15 décembre 1910 à Arles (Bouches-du-Rhône), mort le 20 octobre 1995 à Martigues (Bouches-du-Rhône) ; cheminot ; militant communiste de Port-de-Bouc ; résistant du Front national de lutte pour la libération dans les Bouches-du-Rhône, puis engagé dans l’armée de libération.

César Guigue vit le jour à Arles dans le quartier de Trinquetaille, chemin du cimetière, au domicile de ses parents. Ces derniers étaient Véran Guigue, cultivateur, et Agnès Bayol, sans profession et fille de cheminot, tous deux arlésiens. Le père sera aussi professeur dans une école anarchiste, riveur et camionneur. Anarcho-syndicaliste, il sera secrétaire de la CGT du chantier naval de Port-de-Bouc. La mère mit au monde six enfants, dont quatre vécurent jusqu’à l’âge adulte : Marthe née en 1906, Armand en 1908, César en 1910 et Marie en 1917.
Ajourné par le conseil de révision en mars 1931, César Guigue entra le 17 juillet en qualité de journalier de brigade à Port-de-Bouc. Il recevait un salaire de 26 F horaire par jour. En janvier 1932, il était remercié et embauché à la même fonction sur le secteur de La Couronne-Carro. D’avril 1933 à avril 1934, il effectua son service militaire dans le 91e régiment d’infanterie, cantonné dans l’Est. En juillet 1936, il passait cantonnier à 716 F 65 d’appointements mensuels. Célibataire, il était domicilié à La Couronne. Son bon rendement au travail lui valut de recevoir une prime de 20 F pour l’année 1937. Début janvier 1939, il était domicilié à Port-de-bouc, passant en janvier 1941 à 760 F d’appointements par mois.
La police de Vichy mena le 13 novembre 1940 une série de perquisitions à Port-de-Bouc qui permirent de découvrir une ronéo, une machine à écrire, des tracts et des journaux clandestins et entraînèrent l’arrestation de Véran Guigue, d’Armand Guigue et d’Albert Boiteau. César Guigue témoignera après la guerre avoir été contacté par Charles Scarpelli en mars 1941. Il distribua alors des tracts, accomplissant selon lui des actes de résistance individuelle. Par ordre préfectoral et sur ordre du commissaire Trouette il fut arrêté le 27 juin 1941. On l’interna sans jugement à Saint-Paul-d’Eyjeaux (Haute-Vienne), où fut également détenu son père. Il participa à l’organisation résistante du camp. Transféré à l’Île-de-Ré (Charente-Maritime), il participa là aussi à un groupe de résistance, avant d’être libéré le 10 août 1944. En 1942 il avait rejoint la résistance organisée via le Front national – à la demande, encore une fois, de Charles Scarpelli – et distribué des tracts pour le mouvement. Le 19 août 1944, il était engagé volontaire à Toulouse dans le groupe Matabiau, 2e bataillon, 1er régiment de la Haute-Garonne. Il reçut le grade de caporal FFI. Il passa au 2e régiment Valmy par suite de la fusion à Pamiers (Ariège), puis dans le 14e régiment d’infanterie à Aire-sur-l’Adour (Landes). Dans son dossier de demande de reconnaissance de services dans la Résistance, il mentionna des membres du Front national qu’il avait connus dans la clandestinité. Outre Charles Scarpelli, il citait Sauveur Pastourel et un certain Lefèvre de Port-de-Bouc ; un "Brémon" (sans doute René Brémont), cheminot de Dijon ; et un "Lardée", cheminot de Saint-Étienne.
Après la guerre, César Guigue reprit son travail à la SNCF. Le secrétariat d’État aux Forces armées lui attribua un certificat d’appartenance à la Résistance intérieure française en qualité de soldat, en date du 30 août 1948, signé par le général de Division Préaud, pour ses services accomplis du 27 juin 1941 au 10 août 1944. Toujours célibataire, il était domicilié aux HBM n°6 à Port-de-Bouc, comme son père et son frère. Selon plusieurs témoins, il était membre du Parti communiste dans les années 1960 mais ne l’était plus à la fin des années 1970.
Le 26 avril 1978, il se mariait à Port-de-Bouc avec Yvette Etes.
Ses sœurs Marthe et Marie Guigue furent adhérentes au PCF dans la commune. La seconde exerça de plus la fonction de secrétaire de l'Union des Femmes françaises.
Sources : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, État civil d'Arles, Naissances 1910, Acte n°379, 203 E 1693. — Archives Nationales du Monde du Travail (Roubaix), Personnels du chemin de fer, 1995 63 249, N°72050. — SHD, Vincennes GR 16 P 277228. — Propos recueillis auprès de Fernande Riuz et de Raymond Mateu. — Site Match ID, Acte n°458, Source INSEE : fichier 1995, ligne n°469975.
Version au 5 janvier 2026.





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