FIEU Louis
- Renaud Poulain-Argiolas
- 1 juil.
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Dernière mise à jour : 4 juil.
Né le 1er février 1886 à Nîmes (Gard), mort le 4 septembre 1914 à Ponthion (Marne) ; employé au Comptoir national d’escompte de Nîmes ; militant anarchiste illégaliste.

Louis Fieu naquit au domicile de ses parents au 4 rue Paulet à Nîmes. Ceux-ci étaient Vital Fieu, cordonnier, et Marie Sourzat, sans profession. Il accomplit son service militaire en octobre 1907 au 40e régiment d’infanterie. Sa fiche de matricule militaire décrit un homme de 1,60 m, yeux chat foncé, cheveux bruns, front étroit, nez droit, bouche moyenne, menton à fossettes et visage allongé. Possédant une instruction primaire plus développée que la moyenne, il avait des marques de petite vérole. Lorsqu’il était sous les drapeaux, il se maria le 2 juillet 1908 avec Sophie Héraut, repasseuse et Nîmoise comme lui. Libéré fin septembre 1909, il reçut un certificat de bonne conduite.
En 1913, Louis Fieu était employé au Comptoir national d’Escompte de Nîmes. Il passa devant le tribunal correctionnel de Tarascon le 27 mai parmi un groupe de dix anarchistes pour des vols commis en gares d’Arles, de Nîmes et d’Alès d’un montant de plus de 50 000 F. Dans le butin on trouvait raisins, café, sucre, vêtements, étoffes, chaussures et bicyclettes. Un accusé manquait à l’appel : Étienne Monier dit Simentoff, qui avait été exécuté trois mois plus tôt, proche de Jules Bonnot et considéré comme l’ancien meneur de la bande. La majorité des accusés ayant déjà été condamnée le 5 mars de l’année précédente à des peines allant de 2 à 3 ans de prison pour des vols de même type, Fieu faisait partie des rares – avec Paul Gilles et Léopold Gauzy – à se présenter libres au tribunal. Ils furent défendus Me Espitalier du barreau de Nîmes. Les autres avaient chacun leur avocat. Un incident survint suite à l’audition des témoins à charge. Me Espitalier ayant oublié de demander aux témoins cités par la défense d’attendre dans une autre salle, le président refusa d’entendre ces témoins qui avaient assisté aux débats. Véran Guigue fit des déclarations importantes qui provoquèrent l’ouverture d’une seconde information, mettant en cause de nouveaux inculpés et en lumière de nouveaux délits commis par les condamnés du premier jugement. Les peines prononcés allèrent de 4 mois (pour Véran Guigue, Marius Trévant et Antoine Trévant) à 3 ans de prison (pour Jean Roosens). Fieu, Poirey, Bonneton et Gauzy furent acquittés.
Le 17 juillet 1913, la 4e chambre de la cour d’appel des Bouches-du-Rhône (peut-être Aix) confirma les condamnations de Guigue, des frères Trévant et de Pradelle. Paul Gilles ne prenait plus que 3 mois. D’après Le Petit Marseillais : « Roosens jugea à propos de soulever une exception d’incompétence et demanda le renvoi de l’affaire devant la Cour d’assises. » Le 9 décembre, Louis Fieu passait donc devant la juridiction d’Aix avec Jean Roosens, Véran Guigue, Charles Poirey, Paul Gilles et Léopold Gauzy. Tous furent acquittés.
En avril 1914, Louis Fieu habitait route d’Uzès, puits de Brunel, à Nîmes. L’armée le rappela au moment de la mobilisation générale. Arrivé au corps le 6 août 1914, il partit en détachement le 30 août pour rejoindre le 8e régiment d’infanterie coloniale. Passé au 4e régiment d’infanterie coloniale, il fut blessé durant le premier jour de la bataille de la Marne et mourut de ses blessures à Ponthion. Il reçut la mention « Mort pour la France ». On l’enterra dans une tombe individuelle dans la nécropole nationale de la ferme de Suippes.
Son nom figure sur le monument aux Morts de Nîmes, square du 11 novembre, au nombre des morts de la Première guerre mondiale.
Sources : Arch. Dép. Gard, État civil de Nîmes, Naissances 1886, Acte n°142, 5 E 6720 ; Registres matricules, Classe 1906, matricule 1306, 1 R 948. — Le Petit Marseillais, « Les dévaliseurs de train devant le tribunal de Tarascon », 28 mai 1913 ; 19 juillet 1913 (Retronews). — « Cour d’Assises des Bouches-du-Rhône : Où l’on parle encore des bandits tragiques », Le Petit Provençal, 10 décembre 1913 (Retronews). — Mémoire des Hommes. — Site Généanet, Monument.
Version au 1er juillet 2026.




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