DELEDDA Ange [né DELEDDA Angelo]
- Renaud Poulain-Argiolas
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Né le 18 juin 1916 à Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône), mort le 21 janvier 2004 à Martigues (Bouches-du-Rhône) ; ajusteur, puis employé municipal ; militant communiste ; syndicaliste CGT ; résistant des Milices patriotiques (MP) – Forces Unies de la Jeunesse Patriotique (FUJP).

Ange Deledda était le fils d’un couple de Sardes, Antonio Deledda et Giovanna Maria Duttore, natifs de Pattada (Italie), localité qui comptait 4800 habitants au début du XXe siècle. Ses parents, après y avoir eu deux enfants – Salvatore et Maria Angela, en 1899 et 1911, durent s’établir à Port-de-Bouc vers 1913. Ils eurent cette année-là un fils, Antonio, suivi d’Ange trois ans plus tard et enfin de Gavina – dite Lisette – en 1920. À la naissance d’Ange, la famille habitait dans le quartier des Cabanes. Le père, qui avait été paysan en Sardaigne, travailla en France comme maçon puis comme jardinier. La mère n’eut pas de profession connue. À partir de 1930, la famille accueillit pendant environ deux ans Élisabeth Argiolas qui venait de naître et dont la mère était gravement malade.
Entre 1942 et 1944, Ange Deledda fit partie du groupe de résistance du quartier Tassy, coordonné par Manuel Mateu et affilié aux Milices patriotiques (MP) – Forces Unies de la Jeunesse Patriotique (FUJP). Dans ce groupe étaient également actifs François Callejon, Othello Cecchini, Jean Rubio, Jean Rosa et François Alcantara dit "Fanfan". Tous étaient placés sous les ordres d’Henri Lazzarino, Georges Lazzarino et Joseph Brando. Le premier fut fusillé par les Allemands au Fenouillet le 13 juin 1944.
Ange Deledda se maria le 27 septembre 1947 avec Félicie Torrès, port-de-boucaine née de parents espagnols.
Après la guerre, il travaillait au chantier naval de Port-de-Bouc, les Chantiers et Ateliers de Provence (CAP). Il était engagé au Parti communiste et à la CGT. Ajusteur machine, il vécut la fermeture de son entreprise, qui fut actée au terme de longs mois de mobilisations collectives pour s’y opposer. Le 7 mars 1966, au moment du lancement du Provence, le dernier bateau que lui et ses camarades pourraient construire, il passa brièvement devant les caméras de l’ORTF. Dans une atmosphère de grande tension, le député-maire René Rieubon avait empêché les travailleurs de s’en prendre physiquement à M. Vicaire liquidateur de la société. Les mots de Deledda exprimaient le mélange de révolte et de résignation qui traversait les ouvriers présents : « C’est inadmissible. On se plie aux exigences voulues parce qu’on comprend que le compromis, pour nous, c’est le moindre mal. Mais malgré tout, au fond du cœur, on pense que c’est un vol qu’on nous fait. » Le Provence fut tiré par deux remorqueurs vers le chantier de La Ciotat où on devait achever sa construction. Les habitants de la commune vécurent cette fermeture comme un grand déchirement, car depuis le début du siècle toute la vie sociale s’était bâtie autour des CAP.
Par la suite la municipalité de Port-de-Bouc embaucha Ange Deledda comme concierge. Il officia au groupe Paul Langevin puis au château de la Vieille Montagne.
Iconographie : Site de l’INA, ORTF, Reportages régionaux pour le journal national, « Après le départ du Provence, la fin du chantier naval de Port de Bouc », 7 mars 1966
Sources : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, État civil de Port-de-Bouc, Naissances 1916, Acte n°33, 202 E 1319 ; Recensement de la population de Port-de-Bouc, 1931 (2e série), 6 M 511. — Notice Soleils rouges de BROCCA Élisabeth par Renaud Poulain-Argiolas. — Liste des membres de son groupe de résistance dressée par Manuel Mateu. — Propos recueillis auprès Raymond Mateu et d’Yves Tassy. — Site de l’INA, ORTF, Reportages régionaux pour le journal national, « Après le départ du Provence, la fin du chantier naval de Port de Bouc », 7 mars 1966. — Site Généanet, Arbre généalogique réalisé par Renaud Poulain-Argiolas.
Version au 27 août 2026.




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