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VANNIER Jacky [née VANNIER Jacqueline, Hélène, Berthe, Lucienne, épouse SCOLARI, puis épouse FOURRÉ]

  • Renaud Poulain-Argiolas
  • 29 avr. 2024
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 9 juin

Née le 4 février 1923 à Paris (XIVe arr.), morte le 23 février 2014 à Malakoff (Hauts-de-Seine) ; couturière, puis employée municipale ; membre de l’Union des Jeunes filles de France (UJFF) ; militante communiste d’Orléans (Loiret) puis de Malakoff ; résistante du Front national de lutte pour la Libération ; militante associative ; internée.


Jacky Vannier [© Amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé-Aincourt / Archives familiales Vannier]
Jacky Vannier [© Amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé-Aincourt / Archives familiales Vannier]

Les parents de Jacqueline dite "Jacky" Vannier étaient Lucien Vannier, cheminot natif de Loudun (Vienne), et Jeanne, Marguerite Grajon, née à Vierzon-Bourgneuf (aujourd’hui Vierzon, Cher), qui était mécanicienne et cessera plus tard d’exercer ce métier. Lucien Vannier habita le Loiret à partir de son adolescence. Mobilisé lors de la Première guerre mondiale, il fut blessé par une balle qui lui fractura la clavicule gauche et lui perfora le poumon, une blessure qui lui laissa de graves séquelles. Le couple Vannier eut d’abord un fils, également prénommé Lucien, en 1919. Le foyer s’installa au 14 rue Christophe-Colomb à Paris (VIIIe arr.). Le père était employé comme chaudronnier au personnel ouvrier des chemins de Fer. En raison des conséquences de sa blessure, on l’affecta vers 1925 au dépôt de Vitry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne). La famille vécut alors à Ivry-sur-Seine, où Lucien fils et Jacky profitaient du centre de loisirs et des colonies de vacances. En 1931, leur père acheta une moto, qui leur permettait de se rendre plus facilement dans le Loiret pour voir leur famille.


En 1934, ils déménagèrent à Orléans (Loiret), où Lucien Vannier avait obtenu sa mutation. En juin 1934, ils étaient domiciliés au 15 venelle de la Justice. Avant la guerre, le père cheminot était militant du Parti communiste et de la CGT. Travaillant comme couturière, Jacky prit part à la collecte alimentaire en soutien aux familles de républicains espagnols. Elle rejoignit l’Union des Jeunes filles de France (UJFF) et devint à 16 ans secrétaire d’un des foyers du mouvement. Après l’interdiction du PCF, son père fit partie d’un groupe clandestin qui hébergeait des résistants et réalisait des actes de sabotage sur le matériel ferroviaire. Toute la famille participa aux distributions de tracts. Lucien Vannier fut arrêté en octobre 1941 pour « distribution de matériel appelant les cheminots au sabotage ». Il fut interné à Compiègne, puis déporté à Auschwitz (dont il reviendra).


Militante communiste, Jacky Vannier fut arrêtée à Orléans en avril 1941 suite à une dénonciation. Elle avait dix-huit ans. Elle fut jugée par un tribunal français, condamnée à douze mois de prison et écrouée à la maison d’arrêt d’Orléans, à l’isolement. Elle ne fut pas libérée à la fin de sa peine. Le 10 janvier 1942, un policier en civil la conduisit au camp de Choisel à Châteaubriant (Loire-Atlantique). Elle fut la dernière et la plus jeune à intégrer le groupe des "Bistouillardes", sept jeunes femmes qui sympathisèrent en détention : Paulette Bouchoux, Marguerite Camus dite Margot, Odette Lecland (voir Odette Nilès), Janine Bernardon, Évelyne Bouton et Andrée Vermeersch (petite sœur de Jeannette Vermeersch). Elles avaient été membres de l’UJFF, du Parti communiste ou proches de la CGT.


Jacky Vannier se lia à Rino Scolari, fils d’antifasciste italien en exil et ami de Guy Môquet. Elle s’évada en 1943 et le retrouva l’année suivante à Paris. Ils s’installèrent dans une planque située dans la rue des Amandiers (XXe arr.). En tant que commandant FFI, Rino Scolari joua un rôle important dans l’organisation de l’insurrection parisienne d’août 1944. Enceinte de cinq mois, Jacky était investie elle aussi dans les combats. Elle fit une fausse couche et ne pourra plus jamais avoir d’enfant.


Après la guerre, le couple vivait à Malakoff (Seine, Hauts-de-Seine). Ils s’y marièrent le 14 septembre 1946. Jacky Scolari occupa un emploi à la mairie où Rino était conseiller municipal. Ils vécurent plusieurs années dans un HLM au 14 rue Hoche avant de divorcer en janvier 1969.


Jacky Fourré à l'assemblée générale de l'Amicale de Châteaubriant du 12 mars 2011 à la mairie de Paris [© Photo Patrice Morel]
Jacky Fourré à l'assemblée générale de l'Amicale de Châteaubriant du 12 mars 2011 à la mairie de Paris [© Photo Patrice Morel]

Elle se remaria le 14 septembre 1979 avec Raymond Fourré, imprimeur, à Malakoff. Membre du PCF jusqu’à la fin de sa vie, elle fut active dans la commission solidarité de l’Amicale de Châteaubriant – Voves – Aincourt – Rouillé.


Elle fut homologuée Déportés et internés de la résistance (DIR) et Résistance intérieure française (RIF) au titre du Front national. Par décret du 31 décembre 2001, le Premier ministre la fit Chevalier de la Légion d’honneur (annonce au JO le 1er janvier 2002).

La ville de Malakoff inaugura un square au nom de Jacqueline Fourré le 27 mai 2024.


Sources : SHD Vincennes, GR 16 P 585558 (nc). — Notice Maitron de Rino Scolari par Marc Giovaninetti. — Notice biographique de VANNIER Lucien, Ernest, Fernand par Claudine Cardon-Hamet sur le site Déportés politiques à Auschwitz. — Notice biographique de VANNIER Lucien sur le site Mémoire vive. — "Odette Nilès", article sur le blog "Châteaubriant, Histoire et Résistance". — Propos recueillis auprès de Carine Nilès (juin 2026). — Site Match ID, Acte n°25, Source INSEE : fichier 2014, ligne n°146823. — Archives de la Grande chancellerie de la Légion d’honneur. — Site Généanet, Arbre généalogique de Sylvie Levrel. — Page Facebook de la ville de Malakoff.


1ere version dans Le Maitron : 4 juillet 2022.

2e version : 9 juin 2026.


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Passionné d'histoire, j'ai collaboré pendant plusieurs années au Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - mouvement social.

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