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ROUCAUTE Aimé, Firmin

  • Renaud Poulain-Argiolas
  • 13 déc. 2023
  • 4 min de lecture

Né le 24 juillet 1905 à Saint-Paul-la-Coste (Gard), mort le 20 juillet 2001 à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) ; manœuvre aux chemins de fer puis cultivateur ; syndicaliste CGT ; militant communiste ; résistant des Francs-Tireurs et Partisans français à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) puis engagé dans l’armée de libération ; interné.


Aimé Roucaute vit le jour au hameau de Fontane, au domicile de ses parents, dans la commune de Saint-Paul-la-Coste (Gard). Son père, Élie Roucaute, vingt-trois ans, menuisier (selon les époques il se dit aussi ébéniste ou cultivateur), était né à Saint-Paul-la-Coste. Sa mère, Esther, Léonie Guin, dix-neuf ans, était née à Alès (Gard). Aimé était l’aîné d’une fratrie de treize enfants (sept garçons et six filles) dont une des filles mourut en bas âge. Après lui vinrent dans l’ordre : Charles (1907), Jeanne (1909), Rose (1910), Franck (1913), Élise (1915), Marcel (1917), Lydia (1919), Raoul (1921), Léon (1923), Lucie (1924) et Maurice (1926).


Leur père, Élie Roucaute, était militant anarcho-syndicaliste. Il fut en 1911 délégué à la propagande révolutionnaire à la Bourse du Travail d’Alès, qui était adhérente à la CGT. Lecteur occasionnel de l’Humanité, il apportait le journal à la maison. Ce modèle dut avoir de l’importance dans l’évolution politique de plusieurs de ses enfants qui allaient devenir des militants : Aimé, mais aussi Charles, Franck, Marcel et Raoul. Deux de leurs cousins, Roger Roucaute et René Roucaute, fils d’Albert Roucaute, furent des dirigeants communistes et des résistants.


Après avoir obtenu son certificat d’études, Aimé Roucaute travailla comme manœuvre au chemin de fer. Lorsqu’il se maria le 15 juillet 1930, il habitait Miramas et était employé par la compagnie Paris-Lyon-Méditerranée. Son épouse, Émilie, Antoinette, Rosa Capitaine, native de la commune, était la fille du secrétaire général de mairie, Raoul Capitaine. L’année suivante, le couple, domicilié rue Castagne, hébergeait Élise Roucaute, la sœur d’Aimé. Au mois de mai ils eurent une fille prénommée Simone. Charles Roucaute, frère cadet d’Aimé, s’installa également à Miramas, au moins à partir de février 1939, moment de son mariage. Un témoignage radiophonique de leur frère Marcel évoquait en 2007 deux membres de sa fratrie, cheminots, militants communistes et syndicalistes, qui furent plus tard internés. Il ne peut s’agir que d’Aimé et Charles. En 1939, Aimé vivait toujours à Miramas dans le quartier de la gare. Il allait déménager par la suite.


Parmi des éléments concernant sa situation militaire contenus dans son dossier au Service historique de la Défense, il mentionne, sans donner de date d’arrestation, avoir été interné politique du 27 mai au 22 août 1941 au camp du Chaffaut (Basses-Alpes, Alpes de Haute-Provence) - tout comme Charles - puis à Fort Barraux (Isère). Suivent un trou dans la chronologie des événements et des informations formulées de manière elliptique. Le 12 juin 1944, il rejoignit les FTPF d’Aix-en-Provence avec comme pseudonyme « Philippe ». Ailleurs il cite comme début de son engagement le 8 juin 1944 à Salon-de-Provence. Il participa au maquis de Lambesc, fut recruteur FTPF et officier de liaison du 15 juin au 23 août 1944. Il prit part à des actes de sabotage, des récupérations d’armes et à la « libération de la ville » (vraisemblablement Aix-en-Provence).


Il liste des lieux et dates de terrains où il fut présent, comme à Sénas le 14 juin en tant que recruteur, à Salon le 13 juillet comme officier de liaison responsable, puis au moment où il écrivait (sans date – il devrait s’agir de fin 1944) au 2e bataillon de Provence en qualité de sous-lieutenant. Il ajoute des « services exceptionnels » qu’il a rendus : des transports d’armes, du sabotage de voie et de la récupération de vivres. Dans Le Mémorial d’Aix du 29 janvier 1944, un article évoque un Aimé Roucaute jugé pour vol par le Tribunal correctionnel aux côtés d’un certain Augustin Giry. Les deux hommes avaient été condamnés à un an de prison. Était-ce le même Roucaute ? Il s’agit sans doute d’un vol pour le compte de la Résistance ?


Les FTP ayant été intégrés dans les Forces françaises libres, Aimé Roucaute fait allusion à son engagement militaire antérieur à son intégration dans les FFI : il avait été soldat de 2e classe dans le 194e Régiment d’Artillerie Lourde Tractée de Nîmes (Gard), sans doute pendant son service militaire ; avant l’armistice il avait été chauffeur dans le 15e bataillon d’ouvriers d’artillerie, avec le grade de caporal-chef. Selon une annotation dans son dossier, il faisait partie du régiment Rhône et Durance, qui fut constitué à la fin du mois d’août 1944. Le 30 décembre de la même année, il fut nommé adjudant.


Après la guerre, Aimé Roucaute ne travaillait plus à la SNCF mais comme cultivateur. Sa femme était alors couturière. Ils vivaient Villa "Jumelles", chemin du Coton Rouge, à Aix-en-Provence. Le 8 mai 1949, la IXe région militaire lui attribua le grade d’adjudant-chef. On perd la trace de ses engagements militants par la suite.


Sources : Arch. Dép. Gard, Recensement de la population, Saint-Paul-la-Coste, 1921, 1926, 1931, 6 M 348 ; État civil de Saint-Paul-la-Coste, Naissances, 1905, Acte n°10. — Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, Recensement de la population, Miramas, 1931, 6 M 510. — SHD Vincennes, GR 16 P 521919. — Le Mémorial d’Aix, 29 janvier 1944 (107e année, n°4) (Bibliothèque Méjanes). — Relevés collaboratifs, Mariages, Miramas le 15 juillet 1930, 202 E 1298 ; Listes électorales, 1939, 3M 174 (Généanet). — Entretien avec Marcel Roucaute sur la radio associative OTO Radio (mai 2007), disponible en ligne. — Site Match ID, Acte n°47 N, Source INSEE : fichier 2001, ligne n°345105.


Version au 7 août 2022.

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Passionné d'histoire, j'ai collaboré pendant plusieurs années au Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - mouvement social.

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