REBOUL Roger, Auguste
Dernière mise à jour : 13 mai 2024
Né le 7 février 1920 à Arles (Bouches-du-Rhône), mort le 22 août 1997 à Arles ; boucher ; militant communiste ; résistant du Front national de lutte pour la libération ; déporté.

Roger Reboul était fils de cheminot. Son père, Edmond Reboul, travaillait aux Ateliers SNCF d’Arles et était responsable de l’Orphelinat des cheminots. Sa mère tenait une épicerie à la Major. Il fut élevé dans le respect du travail bien fait et l’attachement aux valeurs de la République. Devenu boucher, il adhéra aux Jeunesses communistes en 1937. Il y rencontra Rosette Durand.
La famille Reboul était domiciliée avenue du Trébon, dans la campagne Clairanne, à Arles.
Roger fut mobilisé en 1940 et dut rejoindre Toulouse. Il fut affecté dans des chantiers de jeunesse à Villeneuve de Comminges, puis, fut démobilisé après la victoire de l’armée allemande. Il était révolté par la capitulation française et l’occupation de la Zone Nord et il intégra le Front national de lutte pour la libération avec Charles Barontini, René Giovannini, Étienne Larnac et Lillo Dall’Oppio. En août 1941, ils furent surpris par la police faisant des inscriptions anti-allemandes boulevard Émile Combes, en face du cimetière des Alyscamps, à Arles. René Giovannini fut attrapé et torturé jusqu’à l’arrestation des autres membres du groupe le 13 août. Le 6 septembre 1941, les cinq jeunes hommes étaient jugés pour "inscriptions communistes" par la section spéciale du Tribunal militaire de la XVe région, au Fort Saint-Nicolas de Marseille. Roger Reboul fut condamné à cinq ans de prison, 3000 F d’amende et cinq ans d’interdiction de droits civiques et familiaux. Emprisonné à Nîmes, il fut transféré à la centrale d’Eysses (Lot-et-Garonne) en juillet 1943. Le 19 février 1944, il participa à la révolte des prisonniers. Les SS occupèrent alors la centrale.
Roger Reboul fut envoyé à Compiègne, avant d’être déporté le 18 juin 1944 à bord du convoi I. 229 à destination de Dachau qui transportait 2143 hommes, dont Charles Barontini. Arrivés le 20 juin au camp, les hommes subirent plusieurs heures de désinfection et furent répartis dans les Blocks. Il reçut le matricule 73932. Il fut affecté au Kommando d’Allach qui compta jusqu’à 3850 détenus employés à différents projets et productions : une manufacture de porcelaine, la firme BMW et plusieurs chantiers de l'organisation Todt. Le 2 novembre 1944, il fut transféré à Auschwitz, puis à Mauthausen où on lui donna le matricule 121 206. Le 26 avril 1945, il était rapatrié par la Suisse jusqu’à Annemasse avant de prendre le train jusqu’à Arles. Il retrouva sa fiancée Rosette Durand, elle-même engagée dans la Résistance. Ils se marièrent la même année.
En 1997, Roger Reboul participa, notamment avec Charles Barontini, à la création du Centre Résistance et Déportation d’Arles et pays d’Arles (CRDA), lieu de transmission et de mémoire, de réflexion et d’éducation à la citoyenneté, installé dans l’ancien collège Frédéric Mistral à Arles.
Reconnu comme déporté résistant, il fut homologué Déportés et internés de la résistance (DIR).
Sources : SHD Vincennes, Vincennes GR 16 P 502563 (nc). — SHD Caen, AC 21 P 625623 (nc). — « Au tribunal militaire de la XVe région – Treize cheminots arlésiens sévèrement condamnés pour propagande communiste », Le Petit Provençal, 9 septembre 1941. — Collectif, Résister en pays d’Arles. 1944-2014 : 70e anniversaire de la Libération, Actes Sud/Association du Musée de la Résistance et de la Déportation d’Arles et du Pays d’Arles, 2014, p. 117 [photographie]. — « Nouvelle présidence au musée de la Résistance », La Provence, 13 mai 2016 (en ligne). — Archives Arolsen. — Livre-Mémorial, Fondation pour la Mémoire de la Déportation. — Site Match ID, Acte n°00473 N, Source INSEE : fichier 1997, ligne n°458391.
1ere version : 26 janvier 2024.
2e version : 14 mai 2024.
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