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"Pour toujours les camarades !"

  • Renaud Poulain-Argiolas
  • 7 mars
  • 4 min de lecture

Dans deux jours sortira officiellement aux Éditions du Caïman le 8e recueil de Noires Nouvelles, un livre collectif sur le Front populaire auquel j'ai eu le plaisir de participer. Cette année, c'est le 90e  anniversaire du mouvement social qui a incarné à la fois la lutte pour le droit au bonheur et le barrage à la montée du fascisme en France. Derrière Patrick Amand, qui a coordonné l'ouvrage, s'enchaînent les noms d'historiennes et d'historiens dont je suis les travaux avec intérêt (Ludivine Bantigny, Mathilde Larrère, Morgan Poggioli...), ceux d'auteurs de polars (Alexandre Courban, Didier Daeninckx, Maurice Gouiran...), du chanteur Serge Utgé-Royo, d'Emmanuel Defouloy, dont j'ai entendu parler pour ses travaux sur Martha Desrumaux et Ambroise Croizat, de Gérard Mordillat, dont j'ai savouré plusieurs films et documentaires, de Jacques Prévert, qui revient parmi nous le temps de nous rappeler le travail à la chaîne chez Citroën...


Dans la nouvelle que j'ai écrite, j'ai choisi d'aborder plusieurs thèmes : la violence de l'extrême-droite qui tente d'éliminer physiquement ses adversaires, les rivalités entre communistes et socialistes, l'élan de fraternité qui va porter le peuple ouvrier cette année-là. Cette joie, je l'ai déclinée sous plusieurs formes : par la présence de la chanson qui va devenir l'hymne du Front populaire, "Ma blonde, entends-tu..." (connue aussi sous le titre "Au-devant de la vie"), et par une histoire d'amour entre les protagonistes. En creux, j'évoque également une des revendications qui vont être écartées devant l'urgence de l'unité antifasciste : la lutte pour les droits des femmes. Avec l'anticolonialisme et l'antimilitarisme, ce combat ne faisait pas l'unanimité parmi les partis qui composaient le Front populaire. Aussi il va être relégué au second plan. À travers le personnage d'Agathe, une femme libre qui participe à une brigade d'auto-défense contre les attaques d'extrême-droite, je dessine la pointe d'un triangle amoureux. Celui-ci rassemble aussi Floréal, un communiste dévoué à son organisation, et Joseph, un socialiste défenseur des classes moyennes. Comme de nombreux combattants ouvriers de 1936 (comme plus tard ceux de la Résistance), ils sont d'origine étrangère. L'un vient du sud : il a fui les persécutions des Chemises noires de Mussolini. L'autre vient de l'est : il a suivi ses parents, venus respirer du charbon dans les mines du Nord-Pas-de-Calais. Les deux hommes ne se sentent pas en rivalité parce qu'ils aiment la même femme. Ce sont leurs convictions qui les opposent. Mais l'amour est là pour jouer le rôle de ciment. C'est la force révolutionnaire qu'ont célébrée les surréalistes. Ce n'est pas pour rien que Desnos et Prévert nous accompagnent !





Voici la présentation de Patrick Amand :


POUR TOUJOURS LES CAMARADES !


1936 – 2026 : le Front Populaire a 90 ans.

 

Mai 1936, c’est le choc pour la bourgeoisie : la coalition de gauche composée des communistes, socialistes et radicaux remporte les élections législatives. C’est l’espoir dans la classe ouvrière héritière des grandes luttes sociales, inspirées par la Commune de Paris, qui compte bien pousser le gouvernement modéré de Léon Blum à instaurer des réformes sociales de rupture. La grève en sera le principal outil, soutenu par un mouvement populaire sans précédent.  


Dans la lutte et dans la joie, les conquêtes sociales seront arrachées au patronat : semaine de 40 heures et congés payés.


Dans le même temps, l’Espagne se dotant elle aussi d’un gouvernement de Frente Popular sera poussée à la guerre par un coup d’État auquel la classe ouvrière française répondra par un envoi massif de volontaires au sein des Brigades Internationales.


Le sort de l’Europe et du monde se joue ici et là face à la montée des fascismes.


« L’embellie » du Front populaire durera deux années et reste aujourd’hui un marqueur pour la gauche, dont les conquêtes sociales issues du Conseil National de la Résistance en sont la continuité.


Pour rendre hommage au Front Pop' de 36 , la collection Noires Nouvelles des Éditions du Caïman, a une nouvelle fois réuni des auteurs et autrices de différents genres (polar, journalistes, scénaristes, historiennes, auteur-compositeur…) pour se souvenir.


On y retrouvera les illusions et les déceptions. Les grèves et les patrons. Des histoires d’anonymes et Léon Blum et Maurice Thorez. Et Marceau Pivert. Et Ambroise Croizat et Martha Desrumaux, Louise Weiss, Gerda Taro… La Guerre d’Espagne très prégnante. Un panorama très complet et très libre dans l’acriture où vous aurez le plaisir de lire les fidèles de la collection (Didier Daeninckx, Maurice Gouiran, Thomas Cantaloube, Serge Utgé-Royo), les ami·es qui nous rendent visite régulièrement (Laurence Biberfeld, Laurent Mély-Dumortier, Marion Chemin, Ahmed Tiab, Sylvain David), nos extraordinaires historiennes (Éloïse Dreure, Rachel Mazuy, Ludivine Bantigny, Mathilde Larrère), les nouvelles et nouveaux venus (Sylvie Callet, Marek Corbel, Alexandre Courban, Pierre Dharréville, Morgan Poggioli, Frédéric Paulin, Paola Pigani),  les amis de rencontre que j’ai embarqués dans l’aventure : Renaud Poulain-Argiolas et Emmanuel Defouloy. Sans oublier l’amitié de Gerard Mordillat ! Et l’enthousiasme de Marcus Malte !!


25 autrices et auteurs auxquels s’ajoute la participation exceptionnelle de Jacques Prévert.

En couverture, un dessin original du camarade Bruno Loth.

 

Ajoutons à cela que la préface sera écrite par Pierre Caillaud-Croizat, petit-fils d’une figure emblématique du Front populaire, secrétaire de la Fédération CGT de la Métallurgie, député et futur Ministre du travail, bâtisseur de la Sécurité Sociale, Ambroise Croizat.


Et, comme marque de fabrique de cette collection, nous aurons les honneurs des illustrations de nos amis dessinateurs de presse, Lardon, Cambon, Gab, Brouck,  Plop & KanKr, Faujour et bien d’autres !


Le titre POUR TOUJOURS LES CAMARADES ! est emprunté au dernier vers du poème de Robert Desnos du 9 janvier 1936 , publié dans le recueil Poèmes de minuit :


« (…) On aura bien rigolé quand même


Sur cette terre


Moi j’aurai bien rigolé


Pas autant cependant si je meurs avant


Que ceux qui verront s’effondrer


La saloperie que nous vivons


S’effondrer les salops


Ceux qui verront se serrer la main


Pour de vrai


Pour toujours


Les camarades ! »







 
 
 

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Passionné d'histoire, j'ai collaboré pendant plusieurs années au Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - mouvement social.

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