PONSIGNON Fernand, Constant
- Renaud Poulain-Argiolas
- 13 déc. 2023
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 9 avr. 2024
Né le 6 octobre 1904 à Haraucourt (Ardennes), mort le 3 novembre 1985 à Sedan (Ardennes) ; ajusteur outilleur ; militant communiste clandestin de la Seine ; résistant des Francs-Tireurs et Partisans français et du Front national de lutte pour la libération ; déporté et évadé.

Fernand Ponsignon était le fils de Victor, Charles Ponsignon, mouleur, et de Françoise, Lucie Manfay, sans profession, tous deux originaires d’Haraucourt.
Il se maria en février 1929 à Paris (XVe arr.) avec Marie, Rose Barnaud, née à Montjoux (Drôme) et domiciliée square Desaix, Paris (XIVe arr.). Lui vivait au 91 rue du Vieux Pont de Sèvres à Boulogne-Billancourt, tout près des usines Renault.
Sans travail en juin 1940, il fut embauché comme ajusteur outilleur le 7 mai 1941 à l’usine SEV, située à Issy-les-Moulineaux (Seine, Hauts-de-Seine), 26 rue Guynemer. Il y restera jusqu’au 27 février 1942.
Il déclara avoir rejoint le Parti communiste clandestin le 15 juillet 1940 dans le groupe de "Rou" et "Lapouge". André Lapouge, devenu lieutenant FFI, attestera de la participation de Ponsignon à la Résistance "dans les rangs du PCF groupe FTPF Paris Sud". Il fut chargé de la propagande patriotique à Issy-les-Moulneaux, qui comprenait la distribution de tracts et de journaux clandestins, pour le compte du parti et du Front national. Le 30 avril 1942, il fut arrêté à Issy, porteur de journaux résistants, par la police française et condamné à cinq ans de prison et 1200 F d’amende. On l’incarcéra successivement à la maison d’arrêt de la Santé, à la maison centrale de Melun et la maison d’arrêt de Châlons-sur-Marne (aujourd’hui Châlons-en-Champagne). Interné à Compiègne, il fut déporté à Buchenwald dans le convoi I. 211 le 12 mai 1944.
Le résistant communiste Roger Chaigneau, présent à bord du même convoi, fit dans Le Serment le récit de l’évasion collective qu’il initia avec Paul Esnault. Tous les participants s’étaient fréquentés au cours des mois de détention qui avaient précédé le départ pour Buchenwald. Le cheminot Chaigneau, qui connaissait bien les points faibles des wagons, avait réussi à emporter avec lui un outil permettant de pratiquer une ouverture. Il détermina avec Esnault un ordre d’évasion selon les affinités qu’ils avaient créées avec les anciens camarades de prison présents dans le wagon. Fernand Ponsigny avait fréquenté Chaigneau et Esnault à la centrale de Melun. C’est Yves Calvez, communiste du Val-de-Marne, qui opéra la découpe pendant que Georges Bénitte, communiste des Vosges, faisait le guet. Bien qu’il fût initialement prévu que l’évasion se ferait de nuit, la crainte de sauter au-delà de la frontière allemande les fit tenter leur chance vers 21h, aux alentours de Lérouville (Meuse).
Les déportés ignoraient qu’à l’arrière du train se trouvait un wagon plat avec des soldats allemands prêts à tirer. Les six premiers (Yves Calvez, René Desguez [supposé, en croisant le récit avec la liste des membres du convoi du FMD], Roger Chaigneau, Paul Esnault, Fernand Ponsignon et Roger Arvois) retrouvèrent la liberté en échappant aux balles et aux chiens. En revanche, Georges Amable et Georges Bénitte furent abattus. Maurice Binot, qui aurait dû sauter après Bénitte, se serait ravisé. Excepté peut-être Desguez, qui était au moins membre de la CGT et du Front national, tous les protagonistes de cette action étaient communistes. Ponsignon fut blessé par balle au pouce au cours de l’évasion. Marcel Marielle, domicilié 33 rue de La Rochelle à Bar-le-Duc, le soigna jusqu’au 30 mai 1944. Le Dr Collet, qui exerçait dans la commune, affirmera également l’avoir soigné.
Le dossier de demande d’homologation FFI de Fernand Ponsignon contient une attestation de la Fédération communiste de la Seine, datée d’avril 1948, précisant qu’il avait participé à la Résistance en son sein, et d’André Lapouge, ancien responsable de son groupe, qui témoignait de son engagement en janvier 1949. Ponsignon vivait alors 25 rue de la Défense à Issy-les-Moulineaux. Le Secrétariat d’État aux Forces armées lui adressa le 29 juin 1949 un certificat d’appartenance à la Résistance intérieure Française en tant que soldat de 2e classe et membre de l’organisation Front national pour ses services accomplis dans la Résistance du 30 janvier 1942 au 12 mai 1944.
Fernand Ponsignon divorça le 14 janvier 1954. On ignore s’il était encore engagé sur le plan politique.
Sources : Arch. Dép. Ardennes, État civil d’Haraucourt, 1904, Acte n°55, 2E211 12. — Arch. Paris, XVe arr., Mariages, 1929, Acte n°258, 15M 331. — SHD Vincennes, GR 16 P 485676. — Le Serment n°236, bulletin bimestriel de l’Association Française Buchenwald, Dora et Commandos, mai-juin 1994 (pp. 4-5). — Livre-Mémorial de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation. — Site Généanet.
1ere version pour Le Maitron : 11 décembre 2020.
2e version : 9 avril 2024.
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