PINONCÉLY Léon, Marcel
- Renaud Poulain-Argiolas
- 17 mars
- 3 min de lecture
Né le 16 janvier 1914 à Larche (Basses-Alpes, aujourd’hui Val d'Oronaye, Alpes-de-Haute-Provence), mort le 17 février 1992 à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) ; palefrenier, homme d’équipe au chemin de fer, membre des Bataillons des forces républicaines, des Compagnies républicaines de sécurité, puis employé d’hôpital ; résistant du groupe Fer et des Corps francs de la Libération de Gardanne (Bouches-du-Rhône).
Léon Pinoncély était l’avant-dernier enfant d’une fratrie de six (cinq garçons et une fille). Son père Antoine Étienne, qu’on appelait Étienne, était natif de Larche et cultivateur. Sa mère, Élisa Nathalie Guérin, née dans le village voisin de Saint-Paul-sur-Ubaye, fut couturière avant de vivre du travail de la terre avec son mari. Deux frères de Léon, Antoine Pinoncély (l’aîné) et Casimir Alfred Pinoncély (le troisième fils) seront des militants du Parti communiste à Miramas. Leur père fut soupçonné par l’armée d’être un espion au service de l’Italie. Surveillé par la gendarmerie de Larche pendant presque trente ans, on ne trouva jamais rien de compromettant pour lui (voir la notice d’Antoine Pinoncély).
Léon Pinoncély obtint le certificat d’études primaires et épousa Aimma Regina Maria Picchi le 18 novembre 1935 à Aix-en-Provence. Il travailla comme palefrenier aux Écoles militaires repliées à Aix de septembre 1941 à fin décembre de l’année suivante. Le 1er janvier 1943, il devenait homme d’équipe à la SNCF en gare de Gardanne. Il y restera jusqu’au 31 décembre 1944. En mars 1944, il rejoignit le groupe Fer, mouvement de résistance cheminote. Ce dernier intégra à la même époque les Corps francs de la Libération, créés par le comité directeur du MLN (Mouvement de Libération Nationale) le 24 mars pour rassembler tous les services voués à l’action militaire. Avec « Ignace » comme pseudonyme, Pinoncély porta le matricule 1545. Le chef de groupe Fer-CFL du secteur de Gardanne était Marius Caula dit « Célestin ». Ce dernier le chargea de la liaison et de la distribution des tracts et journaux clandestins sur les lignes de Gardanne-Carnoules jusqu’au 20 août 1944. Il faisait partie d’un groupe de trois. Durant cette période, il effectua le transport de plastic et d’armes sur les mêmes lignes.
Il assura la fonction d’agent de liaison entre les secteurs de Gardanne et Brignoles (Var) avec Briton dit « Le Penseur » qui obéissait aux ordres de Dussoir dit « Eiffel ». En juin 1944, il prit part au sabotage du pont de Meyreuil – sur la ligne Gardanne-Carnoules. Marius Caula attestera de ces faits dans un certificat qu’il lui signera en décembre 1950. Il ajoutera que Léon Pinoncély l’avait sauvé lors d’une fouille en mars 1944 à la gare de Gardanne. À 7h30, à l’arrivée du train du matin, « Ignace » emporta face aux Allemands une musette contenant des tracts ainsi qu’une seconde musette contenant des grenades, évitant à son chef de se faire prendre. Son dossier d’homologation de grade FFI fut avisé par Jean Juvénal dit « Janville », ex-chef départemental des Bouches-du-Rhône, secteur rural de l’Armée secrète et des Corps francs de la Libération.
À la fin de la guerre, Léon Pinoncély fit partie des Bataillons des forces républicaines à Aix-en-Provence jusqu’au 1er février 1945. Il intégra la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) n°154, cantonnée à Aix le 15 avril 1945. Était-il communiste comme ses frères ? Aucun élément ne permet de l’attester. Pourtant, suite à la manifestation marseillaise du 12 novembre 1947 qui provoqua une polémique – des unités de CRS comprenant un certain nombre de communistes furent accusées de ne pas avoir réprimé correctement la manifestation – sa compagnie fit partie des onze compagnies de CRS dissoutes par la loi du 27 décembre 1947 (décret du 7 janvier 1948). Il cessa son activité dans les forces de l’ordre le 15 janvier 1948.
Léon Pinoncély fut décoré de la Médaille commémorative de la Guerre 1939-1945 au titre des « Corps francs de la Libération (État-major FFI) »
En décembre 1950, il était employé à l’hôpital civil et militaire d’Aix et domicilié dans la commune au n°25 de la rue de Lacépède.
La IXe région militaire lui adressa un certificat d’appartenance aux FFI, signé le 1er février 1951 par le général de corps d’armée Magnan, pour ses services dans les CFL de secteur de Gardanne du 1er mars au 31 août 1944.
Il se maria une seconde fois, le 4 décembre 1951, avec Sabatine Renucci à Aix.
Sources : Arch. Dép. Alpes-de-Haute-Provence, État civil de Larche, Naissances 1914, Acte n°1, 3E259/0766. — Site Match ID, Acte n°209, Source INSEE : fichier 1992, ligne n°130929. C SHD, Vincennes 16 P 479251. — Journal officiel. Lois et décret, 12 et 13 janvier 1948 (80e année N°11), p. 381. — Musée de la Résistance en ligne, « Création des Corps francs de la Libération (fin mars 1944-début avril 1944) ».
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