PINONCÉLY Alfred [PINONCÉLY Casimir, Alfred]
- Renaud Poulain-Argiolas
- 21 nov. 2023
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 18 mars
Né le 25 novembre 1907 à Larche (Basses-Alpes, aujourd’hui Val d'Oronaye, Alpes-de-Haute-Provence), mort au combat le 6 juin 1940 à Licourt (Somme) ; agriculteur, commis épicier, puis conducteur de train ; syndicaliste CGT, secrétaire adjoint du syndicat des cheminots de Miramas (Bouches-du-Rhône) ; militant communiste.
![Rue Pinoncelly à Miramas (le nom contient une faute). [photo de Renaud P-A, mai 2021]](https://static.wixstatic.com/media/080998_208cb5251d814e30ac8d95dafee69c55~mv2.jpg/v1/fill/w_358,h_550,al_c,q_80,enc_avif,quality_auto/080998_208cb5251d814e30ac8d95dafee69c55~mv2.jpg)
Alfred Pinoncély était le fils d’Antoine Étienne Pinoncély – qu’on appelait Étienne - né à Larche, cultivateur. Sa mère, Élisa Nathalie Guérin, née à Saint-Paul-sur-Ubaye (Alpes-de-Haute-Provence), fut couturière avant de devenir agricultrice avec son mari. Alfred Pinoncely était le quatrième enfant d’une fratrie de six (cinq garçons et une fille).
L’aîné des enfants, Antoine Pinoncély, et le cinquième, Léon Pinoncély, s’engageront plus tard dans la Résistance. De 1893 à 1922, l’armée française suspecta leur père Étienne de faire de l’espionnage militaire pour le compte des autorités italiennes. Mais trois décennies de surveillance par la gendarmerie de Larche ne mirent en lumière aucune preuve allant dans ce sens (voir notice Antoine Pinoncély).
D’après sa fiche de matricule militaire, Alfred Pinoncély travailla d’abord comme agriculteur. Il était domicilié au grand Séminaire d’Aix. Se serait-il d’abord destiné à la prêtrise ?
À partir de mai 1928, il fit son service militaire dans le 15e bataillon de chasseurs à pied, basé à Barcelonnette. De bonne condition physique, il fut cité à l’ordre du 27e batailllon d’infanterie le 14 février 1929 « pour l’entraînement et l’endurance dont il a fait preuve au cours d’un raid alpin Jausiers Peïra-Cava, qu’il a accompli le 15 et 16 janvier 1929 (128 km en 42 heures 30) ». Il rentra dans ses foyers fin avril 1929 avec un certificat de bonne conduite.
En juin 1930, Alfred Pinoncély était commis épicier et vivait au 6 place Saint-Louis à Aix-en-Provence. En 1931, il vivait à Miramas, avenue de Salon, chez son frère Antoine, qui était cheminot dans la compagnie PLM (Paris-Lyon-Méditerranée), et la femme de ce dernier, Gilberte Sei. Il était alors sans profession. Il se maria à Orange (Vaucluse) le 28 avril 1932 avec Juliette Valérie Pascal.
En janvier 1933, il entrait à son tour chez PLM en gare de Miramas. Classé affecté spécial en tant qu’homme d’équipe, il habitait le quartier des Chirons chez un certain M. Laugier. En mai 1939, il était secrétaire adjoint du syndicat CGT des cheminots de Miramas. Tout comme son frère aîné, il militait au Parti communiste. À la fin de l’année, le parti ayant été dissous, la sous-préfecture d’Aix-en-Provence dressa une liste de 27 pages d’habitants de l’arrondissement d’Aix à surveiller pour avoir appartenu à l’organisation. Alfred et Antoine y figuraient. Domicilié au 8 rue Gambetta à Miramas, il était conducteur de train selon les autorités. Ces dernières le considéraient comme un « meneur actif dangereux ». Cela lui valut d’être rayé de l’affectation spéciale et envoyé au dépôt d’infanterie n°152 puis au 153.
Envoyé en renfort au 112e Régiment d’infanterie alpine de Gap le 6 février 1940, il fut tué au combat à Licourt, dans la Somme, « au cours d’un furieux combat contre un ennemi supérieur en nombre et en moyens » (précisait le Journal officiel). Il fut inhumé dans la commune.
Alfred Pinoncély fut cité à titre posthume. Il reçut la Croix de guerre avec étoile de bronze par décret le 11 décembre 1942 et on lui attribua la mention « Mort pour la France ».
Son nom est inscrit sur les Monuments aux Morts de Larche, de Marseille et de Miramas. Il figure également sur celui de la gare de Miramas rendant hommage aux cheminots morts pendant la Seconde guerre mondiale. La commune donna son nom à une rue près des cités SNCF (quoiqu’avec une faute d’orthographe en doublant le L).
Le Service historique de la Défense de Caen possède des informations sur lui dans ses archives.
Sources : Arch. Dép. Alpes-de-Haute-Provence, État civil de Larche, Naissances 1907, Acte n°13, 3E259/0765 ; Registre matricules militaires, classe 1927, matricule 1180, 1 R 422. — Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, Recensement de la population, Miramas 1931 (1ere série), 6 M 510 ; 76 W 157. — Arch. mun. Miramas, État civil, Décès 1940, Acte n°32 (transcription de l’acte de décès). — SHD Caen, AC 21 P 139264 (nc). — La Tribune des cheminots, organe de la Fédération nationale [CGT] des travailleurs des chemins de fer, 26 mai 1939. — Le Cheminot Syndicaliste, organe de l’Union de syndicats du PLM puis du Sud-est, 25 mai 1939 (Institut d’histoire sociale de la Fédération CGT des cheminots). — Journal officiel. Lois et décrets, 10 janvier 1943 (75e année, N°9), p. 100. — Notes de Louis Botella.
1ere version pour Le Maitron : 31 mai 2021.
2e version : 17 mars 2025.
3e version : 18 mars 2025.
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