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LE GALL Yves, Marie. Pseudonyme dans la clandestinité : CANIL

Renaud Poulain-Argiolas

Né le 26 août 1909 à Plounévézel (Finistère), mort le 10 septembre 1986 à Brest (Finistère) ; instituteur ; résistant des Francs-Tireurs et Partisans français (FTPF) et de Libération-Nord, chef de section des Forces françaises de l'intérieur (FFI) du secteur de Bannalec, puis engagé dans l’armée de libération.


Yves Le Gall en 1950
Yves Le Gall en 1950

Yves Le Gall était le fils de Jean Marie Le Gall, né à Pounévézel, et Marie Anne Guéguen, originaire de Poullaouen, un couple de cultivateurs installés dans le hameau de Kerven. Avant lui, le couple avait eu deux enfants : Marie Françoise en 1905 et Jean Marie en 1907. Yves était donc le troisième enfant du foyer. Il fut suivi de Joseph deux ans plus tard.


C’est le fils aîné, Jean-Marie Le Gall, qui reprit l’exploitation familiale. Il militait à la SFIO dans les années 1930. Yves se destina lui à l’enseignement. Le 3 septembre 1932, il se maria à Brest avec Germaine Duhot, institutrice comme lui. Il enseignait à Carhaix (Finistère) au moment de la débâcle de juin 1940. Dans le récit qu’il fera en 1950 pour son dossier de demande de certificat d’appartenance aux FFI, il écrira être entré dans la clandestinité le 14 juillet 1940 en rejoignant le maquis de Saint-Jacques, sur la commune de Bannalec (maquis de La Roche situé sur les hauteurs de Saint-Jacques). Cette date peut interroger. Faut-il comprendre qu’il établit ses premiers contacts avec la Résistance ? Était-il socialiste comme son frère Jean-Marie qui rejoignit Libération-Nord en 1941 ? Dans le même dossier, Yves Le Gall mentionne que de janvier 1941 à la Libération il était professeur d’anglais au cours complémentaire de Bannalec. Le 1er septembre 1943, il donnait officiellement son adhésion au lieutenant François Carer de la Compagnie Guy Môquet des FTPF de Bannalec. Avec "Canil" pour pseudonyme, il s’y investit jusqu’en décembre 1943.


De fin décembre 1943 à juillet 1944, l’engagement résistant de Le Gall dépend de Libération-Nord. Il appartenait au « Bataillon Louis d’Or » du maquis de Scaër, sous les ordres de Louis Lavat, commandant FFI du canton de Bannalec. Lavat datera lui cette période comme allant du 1er septembre 1943 au 1er août 1944. Le 31 décembre 1943, Yves Le Gall aida des aviateurs américains tombés à Bannalec, notamment le lieutenant Snyder. Il recueillit ce dernier, le cacha et le mena à Saint-Thurien. Il lui fournit aussi une fausse carte d’identité avant de le conduire à bicyclette à Gourin (Morbihan), à une trentaine de kilomètres, au centre de rassemblement pour le retour en Angleterre. Le Gall assura des liaisons entre le commandant Lavat et les groupes résistants des communes environnantes sous son autorité : Saint-Thurien, Scaër et Carhaix (avec M. Le Maigne). Il participa aux transports d’armes entre Scaër et Bannalec et prépara un parachutage à Saint-Jacques.


Yves Le Gall fut nommé chef de section – avec le grade de sous-lieutenant à titre temporaire – en date du 1er août 1944, par le lieutenant-colonel "Berthaud" (Roger Bourrières), chef départemental des FFI, en exécution des instructions du Gouvernement français d’Alger. Vingt hommes étaient sous ses ordres. Entre le 5 au 7 août, il était présent dans les combats de la libération de Bannalec, puis de celle de la presqu’île de Crozon d’août à septembre (Pont-Scorff, Caudan, Guidel...).

Le lieutenant François Carer témoignera qu’à Pentrez (commune de Saint-Nic) Le Gall l’aida à sortir d’un champ de mines le jeune Le Toullec, grièvement blessé aux jambes, et qu’il contribua à libérer le Cap de la Chèvre, lieu stratégique qui assurait le contrôle de l’entrée de Douarnenez. Toujours selon Carer, avec lui et « plusieurs jeunes de la Compagnie Guy Môquet », Le Gall s’empara, aux côtés des unités américaines, de la pointe des Espagnols, qui permettait de tenir la rade de Brest.


3e bataillon de marche du Finistère, 7 août 1944 [extrait de la revue "Ami entends-tu..."]
3e bataillon de marche du Finistère, 7 août 1944 [extrait de la revue "Ami entends-tu..."]

En septembre 1944, il eut un accident de motocyclette au cours d’une mission près de Rosporden. Au mois de novembre, Yves Le Gall s’engagea volontairement pour la durée de la guerre. Il fut affecté dans le 3e bataillon de marche sous les ordres du capitaine Bernard et suivit une école des cadres à Quimper. Démobilisé le 15 juin 1945, il se retira au 89 rue de la gare à Bannalec.


En secondes noces, Yves Le Gall avait épousé Marguerite Tous, institutrice, le 24 août 1940 à Carhaix. Après la guerre, il fut domicilié Baraque D3 – Bouguen Ouest – à Brest, puis 22 rue d’Aboville à partir d’octobre 1950. Il avait été exempté d’armée.


Plusieurs de ses anciens chefs attestèrent par écrit de son engagement dans la Résistance : François Carer, ancien lieutenant commandant la compagnie Guy Moquet au bataillon Louis d’Or de Scaër, en décembre 1950 ; le capitaine de réserve Louis Lavat, ex-commandant FFI du canton de Bannalec et du 2e bataillon de marche du Finistère, en juin 1951 ; mais aussi le capitaine Bernard, commandant du 3e bataillon de marche.

 

Il reçut un Diplôme de reconnaissance de l’armée américaine pour son aide aux aviateurs alliés, ainsi qu’un Diplôme de chevalier du « Dévouement social » pour « services rendus à la Résistance » le 1er octobre 1950. La IIIe région militaire adressa à Yves Le Gall un certificat d’appartenance aux FFI, signé à Rennes le 28 septembre 1951 par le général de division Coudraux, pour ses services dans le Bataillon Louis d’Or du 1er au 10 août 1944.


On ignore la suite de ses engagements.


Le frère aîné d’Yves Le Gall, Jean-Marie Le Gall, avait été déporté en juillet 1944 au camp de concentration de Neuengamme (Allemagne). Il était mort en déportation en mars 1945.


Sources : Arch. Dép. Finistère, État civil de Plounévézel, Naissances 1909, Acte n°31, 3 E 245/28/11 ; Recensement de Plounévézel 1921, 6 M 636/4. — SHD, Vincennes GR 16 P 354928. — Généanet, Arbre généalogique de Luc Le Gall. — Ami entends-tu… [Organe de l’Association nationale des Anciens combattants de la Résistance Comités du Morbihan – Côte d’Armor – Finistère], N°81, 2e trimestre 1992, p. 20 [photographie]. — Site Match ID, Acte n°1422, Source INSEE : fichier 1986, ligne 116972.


Version au 24 mars 2025.

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Passionné d'histoire, j'ai collaboré pendant plusieurs années au Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - mouvement social.

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