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GARINO Émile [GARINO Casimir, Joseph, Émile, dit parfois André]

  • Renaud Poulain-Argiolas
  • 16 mai
  • 4 min de lecture

[Cette biographie s'inspire d'un texte originellement écrit par Michel Brot et Jacques Girault. Je l'ai complété, en mettant en gras mes propres apports pour pouvoir les distinguer.]


Né le 5 août 1886 à Nice (Alpes-Maritimes), mort le 11 avril 1978 à Cannes (Alpes-Maritimes) ; proviseur ; militant socialiste SFIO des Alpes-Maritimes ; franc-maçon ; adjoint au maire de Cannes ; militant de la Ligue des droits de l’Homme.


Émile Garino en 1937
Émile Garino en 1937

Fils aîné de cinq enfants d’un tailleur d’habits, Henri Garino, bachelier (1905), devint surveillant d’internat au lycée de Digne (Basses-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence) en 1905 puis effectua en 1906 le service militaire. Licencié ès lettres à la Faculté des Lettres de Nancy (1910), titulaire d’un diplôme d’études supérieures (1912), il poursuivit son travail de surveillance au lycée de Nancy (Meurthe-et-Moselle) de 1907 à 1911. En complément, il enseigna comme professeur à l’école nationale professionnelle de Nancy. Il commença comme professeur de lettres et de grammaire au collège de Menton (Alpes-Maritimes) à partir d’octobre 1912.


Déplacé en 1914 comme professeur au collège de Saintes (Charente-Maritime), mobilisé en août 1914, comme sous-officier interprète d’allemand dans un camp de prisonniers, il fut réformé en décembre 1915 et pensionné (60 % d’invalidité). Nommé professeur de 6e et 5e au collège de Cannes en février 1916, il ne prit son service avec salaire intégral qu’en février 1917 ayant été maintenu en congé d’inactivité avec demi-traitement depuis octobre 1916. Cette situation entraîna une intervention du président national de la Ligue des droits de l’Homme. Il demanda un principalat à partir de 1925 en limitant son vœu aux Alpes-Maritimes.


Il se maria à Saintes en août 1917. Le couple eut deux enfants.


Émile Garino demeura longtemps le dirigeant de la section socialiste SFIO de Cannes. Candidat sur des listes « d’union des gauches » (cartellistes) aux élections municipales de 1925, 1929, 1932 et 1935, il ne l’emporta qu’en 1929 et occupa un poste d’adjoint au maire dans la municipalité Louis Vial jusqu’en décembre 1931. Il prit la tête d’une liste socialiste homogène pour les élections municipales des 11 et 18 avril 1937 qui recueillit 17,8 % des voix au premier tour. Distancée par la liste communiste, elle fusionna avec elle au deuxième tour, sans parvenir à empêcher la victoire du maire de droite sortant.


Émile Garino représenta son parti aux élections législatives de 1928 (9,3 % des inscrits), 1930 (partielle). En 1936 dans la deuxième circonscription de Grasse, sur 22 518 inscrits et 16 639 suffrages exprimés, il obtint 2 755 voix au premier tour. Son désistement pour le candidat communiste Henri Pourtalet au deuxième tour permit l’élection de ce dernier.


De tendance modérée, non doctrinaire, Émile Garino se tenait généralement à l’écart de la direction fédérale socialiste des Alpes-Maritimes, dominée dans les années 1930 par l’extrême gauche de la SFIO. Franc-maçon dans la loge du Grand Orient « Science et Solidarité », il fut le président départemental de la Ligue des droits de l’Homme à partir de 1929 et après la guerre.À partir de 1933, il commença des recherches historiques pour un sujet de thèse d’histoire, sur le Comté de Nice sous la Révolution et l’Empire, sous la direction du doyen Victor-Louis Bourrilly de la Faculté des Lettres d’Aix-en- Provence.


Le 21 avril 1937, il représenta la section socialiste de Cannes aux obsèques d’Espaltero Rossi, militant communiste assassiné – d’après la presse communiste – par un fasciste pendant la campagne des élections municipales. Environ 15 000 personnes étaient présentes.


Engagé volontaire en août 1939, il fut affecté comme censeur civil au service de contrôle de la presse. Démissionné d’office pour appartenance à la Franc-Maçonnerie en octobre 1941, il fut considéré comme démissionnaire jusqu’à la Libération. Mais, ayant été inscrit en 1939 sur la liste d’aptitude aux fonctions de principal, pouvant bénéficier d’une dérogation comme ancien combattant pensionné et en raison de son engagement en 1939, il fut question de le réintégrer provisoirement dans l’enseignement, en octobre 1942, comme principal de collège de Cannes. Il n’occupa pas ce poste.


Sur le point d’être arrêté, en octobre 1942, il partit pour l’Indre avec sa famille, trouva un emploi à Ardentes et se mit à la disposition de la Résistance locale. Son action de Résistance ayant été reconnue par le Comité départemental de Libération, le 16 octobre 1944, il fut titularisé dans la fonction de principal du collège Carnot. Le collège étant devenu lycée en 1946, il bénéficia du titre de proviseur titulaire en 1949, puis il obtint l’autorisation de rester en fonctions jusqu’en 1951.


Émile Garino ne fit pas partie des premières municipalités de la Libération mais entra de nouveau au conseil municipal de Cannes en 1947 sur une liste socialiste et fut réélu en 1953 comme tête de liste. Il était officier de la Légion d’honneur.


Sources : Arch. Nat., F17/25502. — Notice DBMOF par Michel Brot. — Le Cri des travailleurs des Alpes-Maritimes, 24 avril 1937 (BNF-Gallica). — André Combes, La Franc-Maçonnerie sous l’Occupation. Persécution et résistance (1939-1945), Paris, Éditions du Rocher, 2001, p. 274. — Lucien Aune, Le Front populaire à Cannes. — Notes d’Alain Dalançon et de Gilles Morin.


Iconographie : Le Cri des travailleurs des Alpes-Maritimes, 17 avril 1937.


2e version par moi : 15 mai 2026.


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Passionné d'histoire, j'ai collaboré pendant plusieurs années au Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier - mouvement social.

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